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Chacun connaît, au moins de nom, la plante ainsi nommée, quoique son vrai nom soit la "mymosa pudica," dont les feuilles se replient au moindre effleurement.

 

Isabelle Mutin, l'auteur de ce recueil de contes personnels, appartient de façon indirecte mais méritée à cette famille. Tant par la pudeur que par la fragilité d'ailleurs.

 

J'ai reçu le livre à l'heure du déjeuner et je l'ai lu d'un trait. Pourtant j'étais persuadé qu'Isabelle avait écrit pour les femmes et que ses sentiments, en particulier amoureux, d'ailleurs à peine effleurés d'une aile gracile, ne me feraient pas l'impression destinée à des lectrices avec ce tempérament féminin empathique et plus sensible aux mots que les mâles rugissants...

 

Mais quoique je n'ai pu pénétrer toutes les arcanes de l'âme féminine (ni moi ni aucun homme je crois !) je l'ai lue en faisant appel à ce qui en moi est capable de traduire car, croyez le ou pas mesdames, l'homme est une femme comme les autres dès lors qu'on place une femme où la femme place un homme.

 

L'héroïne est Camille, un prénom à double tranchant puisque, plus insidieusement qu'un "Dominique" ou "Frédéric(que)" il convient aux filles et aux garçons.

 

Mais la raison des déambulations psychédéliques et fantasmées de Camille ne vient pas de cette ambiguité dans le premier conte, bien que la difficulté à distinguer songe et réalité soit présente, jusqu'à ce qu'une sorte de jumeau astral ayant partagé ses rêves depuis son propre refuge, avec cette même sensibilité quasiment féminine, lui fasse unir rêve et réalité.

 

Les contes qui suivent déclinent cette personnalité hyper sensible et abordent les méditations sur sa propre complexité, la difficulté à être compris qui en découle, la fragilité, la maladie, la mort, l'oubli : et donc l'importance du souvenir.

 

L'amour, la recherche d'absolu est toujours présente à l'arrière plan des récits, et certaines allusions que je juge un peu "cultivées" me font craindre que toutes ses lectrices n'aillent pas au bout de l'interpétation nécessaire.

 

Contes modernes d'une forme "d'amour courtois" avec "carte du tendre" il faut comme Camille et Allan vivre le présent dans l'atmosphère et la magie du haut moyen âge pour saisir les nuances et implications de chaque phrase, parfois suspendue, trop brève, comme si le rappel du vécu devait convenir à chacun pour compléter par les mots qu'elle n'a pas voulu tracer !

 

Alors Isabelle, avant de laisser moi aussi ce compte rendu de lecture suspendu au désir des lecteurs et trices, permets moi un reproche : "envelopperont" !

 

Tu vois que moi aussi je peux faire bref !

 

 

La sensitive de Wuthering Ent
Tag(s) : #Mes lectures

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