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Qui parle dans mon dos ...

Tout le monde rabache à satiété : "Quand on parle dans mon dos, on parle à mon cul "  Si bien que quand quelqu'un apprend qu'on a parlé de lui au cours d'une discussion et en son absence, il doit forcément considérer qu'on a dit du mal de lui (ou d'elle).

 

C'est très dommage pour lui comme pour ceux qu'il stipendie de cette formule lapidaire, qui ne manque pas totalement de sens, mais qui est bien incomplète si on ne précise pas que : d'une part des ragots lui sont revenus aux oreilles, d'autre part que cette discussion s'est faite en secret, avec un côté conspiratif qui est loin d'être courant dans notre société où l'individualisme est tel qu'on est plus vite oublié que cité !

 

Etre philosophe, cela consiste à exprimer en formules lapidaires des réflexions imbéciles.
Claude Aveline
QQ Citations - http://qqcitations.com/citation/198955

Les citations tronquées sont généralement destinées à changer le sens de ce qui a été dit et sont par nature malhonnêtes !

Les citations tronquées sont généralement destinées à changer le sens de ce qui a été dit et sont par nature malhonnêtes !

"Faire trop de réflexions sur son malheur, c'est envenimer une plaie en la grattant."

Citation de Pierre-Claude-Victor Boiste ; Dictionnaire universel (1843)

 

Toutes les citations, les jolis tableaux généralement orthographiquement fautifs, qu'on retrouve sur face de bouc, ont des caractéristiques voisines des citations précédentes : Ils sont vrais, ou contiennent une part de vérité indiscutable; mais leur présentation hors de tout contexte explicatif les rend  inopérants car pouvant s'appliquer maladroitement à des situations sans rapport vrai !

 

Ainsi peut on utiliser cette dernière citation pour tenter de faire taire une personne qui passant sa vie à geindre sur son sort, ajoute à son malheur la perte de ses relations et amis, las de l'entendre gémir.

Mais on peut aussi la prendre au premier degré - car c'est par là que vient la valeur exemplaire de ce genre de citations - et s'en servir à l'intention des enfants qui grattent une croûte ou une démangeaison : ce n'est évidemment pas le but de l'auteur, mais c'est du niveau de ceux qui ne lisent que le premier degré des choses. 

 

​Et naturellement si on réduit la majorité des citations à leur premier degré, elles ne servent pas l'objectif qu'on leur assignait !

"L'eau prend toujours la forme du vase."

Celui-ci est un proverbe Japonais. On peut lui donner beaucoup de significations ou le rapprocher du proverbe latin : "Asinus asinum fricat"  = L'âne se frotte à l'âne !

 

Mais si l'âne choisit son semblable, on peut bien deviner que le proverbe japonais implique un choix aussi. Certes l'eau prend la forme du contenant, mais assimilez une personne ou un peuple à cette eau et vous comprendrez que les choix de cette personne ou de ce peuple sont aussi faits en fonction du "cadre" qui va les contenir. Qu'on pense aux nombreuses conversions forcées ou acceptées dans l'Irak soumis à l'EEIL et comprenne que ceux qui sont restés alors qu'ils pouvaient fuir, acceptent cette forme de vie parce qu'elle leur correspond. Une raison suffisante à mon avis pour qu'on ne cherche pas à épargner de prétendus civils au milieu de prétendus soldats.

"Si le prince a l'épée et la lance, le sage a sa science et sa langue !"

 

Ce proverbe marocain met en parallèle ou plutôt en opposition, mais avec une  certaine égalité, dans l'effet, la force brutale et la force morale.  Mais je doute qu'au Maroc beaucoup s'en prévalent face au roi !

 

Mais on pourrait remplir un article de ces citations* sans avoir fait avancer le bouchon d'un  pas, s'il ne s'agissait que de donner des explications, personnelles d'ailleurs je dois le reconnaître, sur le sens à leur attribuer.

 

Il est clair que chacun en a retenu de son enfance, ou de ses réunions familiales au cours desquelles, bien souvent, chacun y va de son "proverbe" dans un cadre, et sur des sujets, souvent assez éloignés de l'objectif de l'auteur d'origine.

Ceci pour la raison simple que chaque famille a sa propre culture, y compris parfois fautive, ce qui nous vaut des citations mélangées dont le sens manquerait nettement de clarté si on ne connaissait pas déjà les deux citations de base.

Par exemple : "chacun voit midi à sa porte" (notion égoiste de "point de vue" personnel, qui sert de prétexte pour refuser l'avis de l'autre)  et : "A chacun ce qui lui vient" (constat de l'injustice de la nature ou du hasard qui n'a aucun souci de vous faire naître intelligent ou idiot, de famille riche ou pauvre, faisant des rencontres intéressantes on importunes).

Et de ces deux on peut entendre : "A chacun vient midi à sa porte !" Ce qui ne veut rien dire eu égard aux dictons qu'on voudrait citer, même si on peut en tirer une sorte de morale qui serait sans rapport avec le sens des deux premiers, du genre : "Tout vient à point à qui sait attendre" ! Et d'ailleurs ce méli-mélo a peut-être ce sens là dans l'espit de celui qui le dit !

 

* On trouve, sur le Net, des blogs et sites remplis de milliers de dictons et citations, bruts, sans explications ou parfois très confuses, mais qui n'apportent certainement rien à ceux qui les consultent.

De César ou Napoléon, n'ai ni cendres ni Panthéon ! (invention opportuniste, ne la cherchez nulle part)
De César ou Napoléon, n'ai ni cendres ni Panthéon ! (invention opportuniste, ne la cherchez nulle part)

De César ou Napoléon, n'ai ni cendres ni Panthéon ! (invention opportuniste, ne la cherchez nulle part)

Ce qu'on peut retenir de tout ça, c'est que tous ces bons conseils donnés au travers de citations d'auteurs ayant vécus il y a fort longtemps ou de proverbes plus ou moins paysans, de bon sens certes, mais plus souvent destinés à humilier le vieillard riche prenant jeune épouse attirée par l'argent, ou plus simplement à avertir le fainéant que s'il ne sème en hiver il n'aura pas de récolte en été, on ne fera jamais l'équivalent des leçons que vous donne la vie.

 

L'expérience est certainement un bon professeur si on veut bien se souvenir de ses propres maladresses et erreurs pour corriger ses penchants et insuffisances.

 

Dans les centaines ou milliers de proverbes et citations que j'aie pu lire; plus ou moins correctement cités et orthographiés; je devrais sans doute ajouter : "plus ou moins conformes à la façon dont on me les a enseignés jadis", on ne peut se trouver soi-même et s'amender pour plusieurs raisons !

La principale est qu'on a une forte propension  à trouver que ça s'applique très bien aux autres, mais la première est que beaucoup sont mal interprêtés.

 

Tenez, un exemple : j'utilise à dessein le mot "propension" qui est synonyme de "penchant" ou "inclination"  ! Or ce mot vient de pro pensio  c'est à dire "pour peser" (penso vient de pensare : peser) Et voilà où le bât blesse, quand je dis peser, est-ce que je dis un mot actif "je pèse sur une décision" ou un mot réfléchi "je pèse ma décision" d'où : je pense !

 

Voilà qui paraît bien éloigné du sujet je vous le confirme, et pourtant, quand on y pense; la plupart de nos citations viennent de gens dont l'érudition impliquait la connaissance du Grec et du Latin.

Or ces gens n'écrivaient pas pour la multitude illettrée mais pour leurs égaux. Sommes nous encore leurs égaux nous qui savons lire et écrire ?

 

Certainement nous les dominons dans une quantité de sujets scientifiques, ou du moins techniques. Mais nous ne savons plus le Grec ni le Latin; et pour être sincères nous devrions prendre conscience que notre langage - quoi qu'il s'incorpore quantité de mots d'origine étrangère - est bien pauvre, et le sens des mots bien mal partagé et donc bien mal interprêté.

 

Je ne voudrais pas paraître pédant, mais il m'arrive comme sans doute à beaucoup, de suivre à la télévision l'une ou l'autre de ces émissions-jeux où les candidats doivent faire preuve de connaissances variées, c'est à dire au sens propre de "culture" ! Or si certains sont brillants dans ce sens propre, beaucoup sont nettement plus doués de mémoire pour la vie des people (in engliche dans le texte) Les noms de groupes musicaux bidons, ou encore les génériques de films que d'ailleurs ils ont tous vus ou presque.

 

Ce qui me fait remonter en mémoire ce temps où les publicitaires étaient nombreux à utiliser l'andante du 21° concerto de Mozart pour accompagner romantiquement une publicité visuelle. Je vendais des disques que du coup les gens venaient acheter avec comme référence "Vous savez bien la musique du chocolat... ou de la lessive..."  

Triste culture que celle qui ignore les génies sauf quand ils sont "sans bouillir" 

Heureusement d'autres ne voulaient pas que le 21° concerto de Mozart, mais par le "Royal philarmonic orchestra" avec "Pollini" au piano, ou comme ci-dessous la version "Karajan-Karajan !

Tag(s) : #état d'âme

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