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Je me suis escrimé à retrouver sur ma page les rimailleries que j'y ai publiées. J'en ai trouvé certaines et j'en trouverai bien encore quelques unes plus tard !


J'ai retouché quelques vers et ai disposé les textes pour faciliter leur impression. Mais j'ignore si ça vaut pour tous selon les machines. Il y a donc de grands blancs, mais ce ne sont pas des squales !

 

Ode à notre terre-mère !

 

 

Aussi loin que mes yeux perçoivent l'horizon

Le monde m'apparaît empli de beauté pure.

Forêts, montagnes, lacs, bien peu de constructions

Si l'homme se croit roi, rien n'égale nature.

 

Je le savais bien sûr, je le vois maintenant,

Et, comble d'ironie je peux le faire voir :

Les images venant des plus hauts firmaments

Montrent sans artifice, et la terre et sa gloire.

 

Je veux, désincarné, parcourir cette boule,

En faire des tours assez pour que rien ne m'échappe.

Comprendre les courants d'air et d'eau qui s'enroulent

Et la lavent en tout sens, sans manquer une étape.

 

Peut-être, dérisoire en un si grand séjour,

Quelque ville pourtant retiendra un instant

Comme une fourmillière débordante de vie,

Mon regard curieux d'éternel troubadour.

Puis tel un dieu moqueur et très indifférent,

J'irai chercher ailleurs les raisons de l'envie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voix de femmes !

Ich liebe Dich schon so lange, nie werde ich Dich vergessen 
Il y a longtemps que je t'aime, jamais je ne t'oublierai !

Avez vous remarqué 
Comme les voix de femmes,
Qu'elles soient haut perchées 
Pour bien percer nos âmes

Ou basses et assombries 
Comme un roulement de houle
Evoquent en nous les nuits 
Effrayantes des goules.

Les peurs qu'elles apaisaient,
Si souvent en chansons,
Un refrain des couplets, 
Repris à l'unisson.

Chants d'amour, de tendresse,
Venant souvent tout droit
De leur propre jeunesse
Pour calmer notre effroi.

Maman me les chantait
En allemand je crois.
C'est qu'elle ne disposait
Pas de français pour ça.

Pour autant mon esprit
Enivré par son chant
Comprenant en partie
En partie complétant;

S'attardait en sommeil
Sur ces jeunes fileuses
Que tenait en éveil
Des amours malheureuses.

Toujours les fils de rois
S'enamourent de bergères ;
C'est au moins ce qu'elles croient,
Du fond de leurs chaumières.

Et le chant de leur larmes
Versées à en mourir
Ne manquent pas de charmes
Quand il faut s'endormir.

 

 

 

 

 

 

 

 

Pourriture socialiste
 
Au milieu de la foule, ombrageuse et jalouse,
Qui semble si unie et pourtant si éparse,
Je me sens isolé dans mon propre univers
Depuis qu'on m'interdit d'évoquer les tantouses,
Mais que l'on me permet d'invectiver les garces
A cause de dirigeants, à tout le moins pervers.
 
Je n'ai pas d'illusion, ceux de quatre vingt neuf
Avaient muri leur haine de longs siècles durant,
Avant, fouches brandies, d'aller chercher les têtes,
Des sang-bleu fanfarons qui ne voyaient que bluff,
Et qui ont au final dû s'aligner en rang
Devant la guilottine ensanglantée, est-ce bête.
 
Avant que les Français: ceux qui se sentent ainsi;
Toute notion de race étant d'ici bannie,
Trouvent assez de force et aussi le courrage
Nécessaires à un homme dans la force de l'âge
Pour d'un si beau pays chasser tous ces étrons,
J'ai grand peur qu'il soit tard et nous en pâtirons !

 

 

 

 

 

 

 

Musique des mots

Mes amis qu'une muse insolente titille
Et pousse à rédiger tant de jolis pensers
Délicats à nos cœurs, comme écrits de vanille
Sauf quand, le cœur noirci, hélas, vous soupirez,

Je veux en quelques vers respectueux et tendres
Apporter mon hommage au talent bienheureux
Que l'architecte, en vous, insuffla sans attendre
Pour que si jeunes encore vous caressiez nos yeux.

Nos yeux, pas seulement, il y a nos oreilles,
Et pour tout dire enfin, nos lobes cérébraux
Qui, lisant vos q
uatrains, qui sont pour moi merveilles,

Entendent sans effort la musique des mots.

Poètes que vos œuvres, amoureusement nées
Parfois dans la douleur, comme un enfant sacré,
Continuent de trouver en cet univers mort

Pour la beauté des mots : le plus joli des sorts.


 


 

Nature


 

Le printemps est encore un espoir à venir

Que déjà mon rosier, renfrogné, dans son coin
Affûte ses épines, prépare un avenir
Où c'est sûr maintes fois j'écorcherai mes mains.

 

Ombrant une fenêtre un mimosa tardif
Fait de ses boules d'or l'attrait de tout insecte
Comme si attentif le sublime architecte
Vigilant, évitait qu'ils ne soient maladifs

 

Le soleil insolent, parfois capricieux,
De nuages en nuées fait apparition.
On peut le constater en avaricieux
Il se fait espérer en dieu un peu grognon.

 

Et parmi les gazons que des herbes envahissent 
La rosée du matin signale les indices
De ces arachnides tisseurs de pièges à mouches
Qui jaillissent affamés quand ils sentent une touche.

 

Le scénario est prêt, la pièce a débuté
Sur la scène de vie ; manger être mangé,
Et malgré nos credo, prétentieux toujours :
L'histoire se maintient jusqu'à la fin des jours.


 

 

Elles

 

Même si j'ai du mal aujourd'hui à y croire

Etant jeune je fus un joli garçonnet,

Et j'aurais bien pu, c'est la mode et l'histoire

Etre homosexuel et m'afficher douillet.

 

J'aurais probablement fait une belle carrière

En m'allongeant parfois, ou étant à genoux

Echangeant mon honneur contre une vie prospère :

On dit dans la nature qu'il y a tous les goûts.

 

Au lieu de quoi très jeune, environné de filles

Pudiques et réservées, se confessant souvent

En tirant leurs cheveux, en les appelant "quilles"

Je serais tombé raide qu'elles entrent au couvent.

 

L'éducation des pères m'a tenu en laisse

Des maristes ! On comprend le respect enseigné,

Par des prêtres voués, et célébrant la messe

A la vierge Marie, sensée ne pas pécher !

 

Seulement plus on cache et plus on interdit

Plus le désir s'éveille, vous anime, vous conduit.

Une cheville ici, parfois même une cuisse,

Un rien suffit en fait à tendre l'appendice.

 

Je me souviens qu'alors j'étais fort conscient

Que filles elles seraient mères, elles auraient des enfants

Un privilège, hélas, aux garçons interdit ;

Et mon regard sur elles s'en trouvait engourdi.

 

Comment oser d'avance humilier les enfants

Qu'elles auraient un jour avec un homme aimant ?

La honte sur mon front s'affichait malgré moi

Quand un sous-vêtement me mettait en émoi.

 

Car les saintes Nitouche n'étaient toutes prudes,

Et certaines savaient très bien nous expliquer,

Comment les rendre folles à bien les caresser

En mimant pour cela, des femmes, les attitudes.

 

Ces femmes étaient leurs mères, et parfois une sœur,

Qui tout en rougissant se confiaient trop fières

De connaître avant elles de l'amour les mystères ;

Et les plus jeunes alors rejetaient la pudeur.

 

 

Le plaisir toutefois devait se limiter,

Aux caresses, aux baisers : ne pas faire de bébé

Etait la grande règle et ces jeunes Ninons

Surveillaient chaque jour la pousse des tétons !

 

Comme il était cruel parfois d'être garçon

Quand ces jeunes infidèles changeaient de polisson.

Et qu'à deux pas de vous dans un autre buisson,

Elles donnaient à eux, les mêmes petits noms.

 

On en aurait parfois oublié dans l'élan

D'offrir à la nouvelle amour et sentiments.

Mais une bouche avide une main se tendant,

Nous ramenait sitôt à l'impérieux présent.

 

Ah ! Il peut bien chanter et dire « femm's je vous aime ! »

J'ignore si ce Julien a connu les émois

Que j'ai tant cultivés (mes amis comme moi,)

Jadis, il y a longtemps, en entrant en septième.

 

Les tabous sont tombés

Et tous les interdits,

La notion de péché,

Le plaisir garanti !

 

 

 

 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

Chagrins


 

Ce n'est rien mon amie, une larme traînait,
Je me la suis pendue, mon oeil est satisfait.
Une larme, quand même, on ne peut la laisser
Ainsi abandonnée à battre le pavé.


 

Je sais, la larme à l'oeil n'aura pas le succès
De l'arme à la bretelle décorée d'un oeillet.
Qu'importe, grâce à elle j'attire l'attention
Et me fais soupçonner d'avoir des émotions.

Les psychopates, dit-on, n'en éprouvent aucune
Et quoi que je sois loin d'appartenir au clan
Je préfère tricher et en afficher une
Que d'être confondu avec de tels forbans

On dit ataraxie, ou alexithymie,
On élude la cause, on entre un pourcentage
Ça permet de classer et sachez mon amie
Que pour ces gens de rien ça paraît assez sage.

Mais celui dont les yeux pour jamais asséchés
Voudraient pouvoir parfois enfin se soulager
Pleurer à chaudes larmes, afficher ses chagrins,
Celui là, défini, est chassé par leurs soins.

"Vous avez de la peine et ne la montrez pas ?
Prenez en à vous mêmes et ne restez pas là!"
Comme Georges et sa rose, cette larme à mon oeil,
Il me la faut pleurer enfin, pour quelque deuil.

Mais si des roses on peut en offrir quelquefois,
Au besoin les piquant au hasard d'une tombe,
Le chagrin d'une larme a beaucoup trop de poids,
L'abandonner serait comme jeter une bombe.

Sur ton portrait ma soeur, fraîchement imprimé
Je l'ai laissée aller, y faisant une marque,
Six ans, six ans déjà que tu t'en es allée,
Que Caron t'attendant t'a prise dans sa barque.


 


 


 


 


 


 

Mon pays d'adoption

 

Je voulais simplement et sans effets spéciaux
Ecrire un doux poême avec de simples mots
Sans souci de la rime ou du rythme qui vient


Comme il peut dans le ton sans qu'on y change rien

Hélas, trois fois hélas ce doit être la faute
A Hugo à Verlaine, ou peut être à Rimbaud
Dès que je pense "vers" ma tête de linote


Branche l'alexandrin et se met sur "Auto"

Des vers libres j'en fais, mais jamais quand j'écris
A croire qu'ils préfèrent, pauvres, rester "non dits"
Qu'ils ont honte de moi, car ça s'est déjà vu,

 

Certains, mais qui s'en cachent, peuvent en avoir lus.

Alors les pieds s'alignent sagement, par douze
A vous de découvrir ceux qui ont des finales
Qu'on ne prononce pas, muettes et banales

 

Encore que pour l'accent, prends celui de Toulouse.

Ici dans le sud-ouest on minge volontiers
Pas que du cassoulet, on minge aussi du paing
Pas bon comme à Paris, question d'humidité

 

Mais il suffit de boire, avec, un peu de ving

C'est comme ça que moi, ici, je communie
Par ses produits avec, la terre, mon amie
Laquelle sans dire mot est toute poésie,

 

Calme, rythme et saisons loin de la frénésie.

Aux portes de l'automne,
L'hiver plein mes cheveux
Une trompe qui sonne
La fin de tout ce jeu
Terminera un jour
Toutes imprécisions
Lorsque viendra mon tour
De quitter ce bastion.

 

Ici on dit bastide car c'est l'occitanie
Quand même depuis longtemps les murs sont détruits;
Carrefour, place forte, piémont pyrénéen
Mon village d'accueil en reste le gardien.

 


 


 

Politiques pourris

 

Hollande, l'autre nain, d'un sinistre mandat

Un nain sinistre et gauche : mais cela va de soi,

Ayant trahi les siens aux profit d'idéaux

Que seuls quelques crétins peuvent porter si haut,

 

S'étonnait en privé de sa dégringolade,

Lui le président mou, roi de la rigolade

Exhibant à l'envi son incapacité

A comprendre le peuple et ses difficultés !

 

Encore on se souvient des mots attribués

Faussement à la reine qui n'y a pas pensé,

Manquerait-on de pain qu'il ne le saurait pas,

Voilà bien trop d' années qu'il nie la France d'en bas !

 

Sa maîtresse à son tour l'a trahi comme il fait

Répandant à l'entour les traits de ses méfaits

Mais en fonctionnaire, promotion canapé

N'a pas trop donné l'air de bien s'en amuser

A Vénus

 

 

La flamme de ton ciel ne contemple que moi,

Dorée sur l'azur qui sous les cieux flamboie.

L'or joyeux du regard de ton âme troublante

 

Se moque gentiment de mon cœur d'adamante.

Elle en a enflammé des cœurs, sans les compter,

La pierre ou le métal ne peuvent résister

A son feu si violent que les dieux affolés

 

Ne savent plus très bien lequel te l'a confié.

Je ne sais plus que dire, je suis en pamoison

Je voudrais tant te fuir, regagner ma maison ;

Mais mon espoir déjà n'est plus qu'illusion

 

Car mon cœur envoûté est entré en fusion !

Es-tu ange ou démon, qui donc pourrait le dire ?

Et une autre question : est-il un avenir

A t'aimer créature aux multiples talents,

 

Pour la simple nature d'un pauvre postulant ?

Et voilà que je suis tout entier dans les flammes

D'un amour dévorant pour ton aspect de femme.

Mais je ne me bats plus, j'accepte de sombrer,

 

Même si me vainquant tu vas me mépriser.

Je fus un guerrier, j'étais un invincible,

Je ne suis désormais plus rien que ton jouet,

Colosse aux pieds d'argile, géant au cœur fragile

Amoureux d'un trésor hors ce monde terrible,

Tyran du ridicule et amant d'un reflet,

Mortel hypnotisé, chaque jour plus débile.

 


 


 

L'amour ringard

 

 

Sur le fil affûté de mes rêves ténus

Tu es venue poser des baisers ingénus,

Et mes lèvres affamées de ton corps si léger,

Gourmandes, vont croquer de ton pied à ton nez !

 

Ô muse épanouie qui viens et m'éblouis

De tes charmes offerts à mon esprit pervers

De grâce dis moi oui, je n'aime pas les si,

Epargne moi l'enfer, pitié, dans cette affaire.

 

Tu es venue à moi chevauchant mes désirs,

Et j'ai ouvert mes bras, dégustant le plaisir

D'entrer en communion totale avec ton être

Par nos corps en fusion, dont le A est la lettre.

 

Car oui, il est un mot pour désigner la chose,

Galvaudé, vieux chromo et si je te le pose,

Tu vas rire de moi, de le prendre au sérieux

D'en connaître l'émoi, comme affaire de vieux !

 

Pourtant par ton esprit, si fin, plein d'élégance,

Familier des défis dont raffolent les gens,

Tu ne peux pas avoir commis l'outrecuidance

De mettre au corbillard ce mot, ce sentiment.

 

Oh ! Je sais bien ma mie qu'il n'est plus à la mode :

Que quand on a envie, on prend, c'est bien commode,

Mais si le temps est court d'une vie occupée,

La peine qu'on encourt dure l'éternité !

 

La solitude, ô coeur, est le lot des bobos,

Qui viennent, qui effleurent, et qui tournent le dos,

Jusqu'à ce jour damné ou faute de partage

De ne s'être engagés ils payent leur fin de l'âge.

 

Oui, je sais, je m'emballe, je t'accuse déjà

Mon cœur à fond de cale a trop vu de dégâts

Dans ces situations, et craint encore d'aimer :

Car voilà bien le fond, le mot m'a échappé !


 


 


 


 


 

A l'ami qui s'en va

 

Mon cœur est déchiré, mon sang coule et s'épand

En une grande flaque épaisse, tellement dense

Que je me vois parti pour remplir un étang,

Même si c'est ridicule pour peu que l'on y pense !

 

Mon cœur est déchiré, un ami me rejette

Je l'ai asticoté c'est vrai, je le regrette,

Depuis presque quinze ans j'avais le sentiment

Qu'il s'en amusait bien : autant que moi j'entends !

 

Il m'a écrit d'abord : « je te ferme ma porte »

Que n'a-t-il accepté au moins de m'écouter

Quand j'ai lu son message, que le diable l'emporte,

Son huis, rien que pour moi, était bien verrouillé !

 

Demain et pour la vie qu'il me reste à courir

Je serai comme un frère fâché avec son frère,

Ignorant son destin,

Ses joies et ses chagrins

Alors que nous étions tous deux sur cette terre

En parfaite harmonie ; j'aurais dû me relire !

 

Je te confie aux dieux puisque tu m'as jeté,

S'il en existe un peu, ce n'est pas assuré.

Profite de ta vie, profite de l'amour,

Et qui sait mon ami...enfin, peut-être, un jour... !

 


 



 

Amertume

 

Alors que j'approchais de mon heure dernière

J'imaginais vos bras, aimants, qui m'enlaçaient.

Oh ! Je n'étais pas dupe et de toute manière

Ce sont des conventions, même pour ceux qu'on hait.

 

Embrassades hypocrites, aux autres destinées,

Souhaits, vœux et promesses : dont on ne pense mot

J'ai pratiqué, enfants, quand vous n'étiez pas nés,

Vous en vouloir ici serait bien d'un idiot.

 

Au fond le principal quand on est pour mourir

Est bien de n'être pas seul au fond de son lit,

Et de meubler le temps avant d'aller pourrir

En pensers et en mots qui disent :« encore je vis »

 

Pourquoi faire semblant de croire en l'avenir

Plutôt que de pleurer, soupirer et gémir ?

Je crois que c'est pour nous une dette, un vieux dû

Des âges anciens quand nos ancêtres nus

 

Achevaient sur la terre, témoin de leurs exploits

Une vie de misère dépourvue de tout droit,

Feignants que, chrysalide ils ne quittaient ce corps

Que pour vivre autrement, et sur un autre bord.

 

Et puis, sincères ou non, toutes ces embrassades

Qui meublent des instants tellement redoutés,

Sont encore la vie qu'on quitte en embassade

Vers l'inconnu, le rien, ou le tout ignoré !

 

Nec pluribus impar

 

Dans la grande cité ou grouillent tant de vies,

Il en est quelques-unes dont j'ai très grand souci.

Au ras de la chaussée ou bien dans des étages,

Continuant ma vie, s'achevant dans les âges,

C'est ma chair et mon sang qui construit l'avenir

Et c'est bien rassurant quand on est pour partir !

 

Une chanson disait, et comme elle a raison :

Dans la chaîne de vie, nous ne sommes qu'un maillon !

Il est donc primordial et plus urgent que tout,

De créer les suivants pour que mis bout à bout,

Cette chaîne vivante et mil' fois recroisée

Soit corps d'une patrie et d'une éternité.

 

Le temps n'est après tout et qu'on le veuille ou non

Qu'un sentiment humain justifiant les saisons,

La vue de changements demande explications

Mais le temps n'est qu'un mythe, un thème de chanson.

L'important est pour moi de ne jamais briser

Cette chaîne d'humains qui nous ont précédés.

 

Il y a cent onze ans, mon grand père déjà vieux,

Répondait à son fils d'une première union

Qui pas plus que ses sœurs ne l'avait honoré ;

D'une fille, d'un garçon, qui l'eut rendu heureux :

« Oui, je vais me marier pour avoir des garçons,

Car je ne vois en vous qu'une fin de lignée ! »

 

Ma grand mère était jeune et devant le grand homme

En admiration face à tous ses talents.

Le colonel l'aimait, je le pense, un peu comme

La mère des enfants dont ils seraient parents,

Et qu'elle élèverait quand il serait parti :

Quasi septuagénaire : il voyait la sortie.

 

Ils ont eu deux garçons à six ans de distance,

Le second fut mon père qui l'a à peine connu

Grâce à quoi aujourd'hui en notre doulce France

A travers nos enfants et les leurs, bienvenus,

La maille de famille est sur le territoire

Et s'oppose à ce que trop tot finit l'histoire.

 


 


 


 

Lamentation

 

Mon cœur a tant souffert, tant éprouvé de peines
Que souvent j'ai été animé par la haine.
Haine de celui-là, qui m'a barré la route,
Et puis de ceux nombreux qu'il faut abattre en joutes.

 

Ma vie aurait été si utile vraiment
Sans devoir affronter si abusivement
Cette gangrène qui, est inutile en soi
Et ampute nos vies en imbéciles combats.

 

Chacun a son talent, il doit le découvrir
Et en l'enrichissant par l'étude, le travail
Le perfectionner jusqu'à le faire murir
Offrant sa perfection pour un utile bail !

 

Il est hélas parmi nos charmants blondinets
Des semeurs inutiles qui n'ont que de l'ivraie.
Le bon grain de ce fait n'a plus que peu de place
Réduite et assoiffée dans ce si maigre espace

 

Nous aurions tant offert, tant plus réalisé
Si nous avions sans heurts vraiment pu travailler.
Mais le talent agace et crée des jalousies
Chez ceux qui en ont eu et l'ont mis aux orties !

 

Jeunesse souviens toi : quelque soient tes victoires
Que tu les aies acquises par bétise et sans gloire,
Juste en mettant un frein aux travail d'autrui
Ou par de beaux efforts malgré ces tristes esprits,

 

Tu n'entreras jamais, en tout cas, dans l'histoire,
A moins que, politique, tu affrontes les déboires
Réservés à ceux là qui ont été enclins
A vouloir aider d'autres à forger leur destin.

 

Mais le temps passe, et tue même les gens parfaits.
Les monuments princiers comme les plus hauts faits
Sont destinés aux ruines c'est une question de temps,
Nous avons pour seul choix de vivre le présent !

 

Intensément !

 


 


 


 

Indiscrétion

 

D'un regard amoureux, par indiscrétion

J'ai caressé des yeux ta bouche et ton menton

Embrassant du regard ton corps juste évoqué

Comme dans un brouillard où tu serais noyée.

 

Mon amour, mon désir s'en vont tous deux complices

Je voudrais le plaisir de caresser ta cuisse

En posant sur ta bouche entrouverte pour moi

Léger comme une mouche un doux baiser de soie

 

Il faut que tu le saches, mon âme vers toi vole,

Mais mon corps ne s'est pas pour autant effacé,

Qu'on le dise ou le cache, abusant des paroles,

Le désir est bien là, se souhaitant partagé.

 

Ce qui est merveilleux, quand l'amour est certain

C'est qu'enlaçant l'aimée, pour une communion

On peut gagner ses cieux et l'aimer à sa faim,

Sans que l'amour, souillé, devienne déception.

 

Le cœur, ah ! Quel organe ! Comme dans tes bras noués

Il s'emballe et bondit dans l'assaut tant souhaité,

Se lançant fort et crane dans le doux mouvement

Il embrasse et séduit dans un même moment.

 

Car sous ton sein docile ton cœur à l'unisson

S'est associé habile à cette réunion

Et c'est en ne formant qu'un être enfin complet

Que tous deux nous liant atteignons les sommets.

 

Bisous, tendresses échangées,
On ne saurait s'en dispenser,
Nul ne sait s'il reste du temps
Ni si l'amour est suffisant,

 

Ecoutons la voix de l'ami.

Souvenirs de ces temps bénis
Ou jeunes encore nous avons ri
Ignorants de ce qu'est la vie,

 

Retours furtifs sur un passé
Etonnamment instantané
Et encore tout énamouré.

Libertinages

 

Sur la plaine étendue, comme une fille de rien

Elle m'attendait nue, pointant ses jolis seins,

Exhibant au soleil en secrète jouissance

Quelques belles merveilles berçant mon existence !

 

Elle n'était que pour moi, et j'étais tout à elle,

Même si son émoi, tout en restant fidèle,

Tenait à des regards qu'elle attirait cruelle,

De jeunes égrillards hétérosexuels.

 

C'est un démon de femme d'aimer séduire toujours,

Etais-je assez infame d'encourager ce cours ?

J'aurais dû deviner qu'un jour il faut payer

Ce droit à exciter de jeunes foutriquets.

 

Elle ne m'a pas trahi, elle m'a quitté d'abord

Et a rejoint celui qu'elle excitait si fort

Et qui m'a-t-elle confié, ultérieurement

Au lit s'est avéré être un parfait amant !

 

Et quoique j'aie souffert de la situation ;

Ayant l'esprit ouvert, et quelques occasions,

Je m'en suis bien caché en la félicitant

De sa félicité dans des bras si aimants.

 

Et si mon œil a eu en secret de sa vue

Quelques épanchements pour moi seul malvenus,

Je m'en suis consolé ; j'en ai honte à présent,

Quand seule, abandonnée, trahie par son amant

 

Elle a voulu encore, souvenirs de jadis

Que je désire son corps désormais bien vieilli

Que lui riant au nez, pire qu'un malappris,

Je lui aie avoué la taille de mon mépris !

 


 


 


 


 


 


 


 


 

Terre que j'aime

 

Je te regarde, ô terre, où j'ai passé ma vie

Toi qui était ma mère, aimable compagnie

Prodiguer désormais à tous autres que moi

Les soins que tu m'avais garanti sans aboi.

 

De l'enfance embrassée, des cheveux blonds bouclés

J'ai dû abandonner les privilèges dorés.

Adolescent puis homme à l'égal des aînés,

J'ai cessé d'être comme, plus tôt, très entouré.

 

J'ai accepté la vie, ses affres, ses soucis

J'ai travaillé longtemps j'ai même cru servir,

Et puis en vieillissant il me fallut ouïr

La classe qui suivait gémissant à grands cris.

 

Nous avions pourtant tellement inventé,

C'était si important de tout faciliter,

D'offrir à nos enfants un monde sans effort,

Sauf aux plus endurants : la pratique d'un sport.

 

Je n'avais pas pensé, ni les autres génies

Que pour les banquiers seuls comptent les profits,

Que nos inventions en simplifiant tout,

A cette association offrait tous les atouts.

 

Mon corps endolori par l'âge et par l'usure

Traîne ses os meurtris cliquetant en mesure,

Ne rêvant plus qu'au lit qui me supportera

Tous mes rêves enfuis, et prêt pour l'au-delà.

 

Jeunesse, réfléchis, le profit est un leurre.

Ce qui nourrit ta vie ne vient que du labeur,

Ce qui paraît offert est un piège acéré :

Un trou sans fond ouvert et prêt à t'avaler.

 


 


 


 


 


 


 


 


 

Toi ma femme

 

Ton corps dans la blondeur d'un été chaud et pur,

Dans la musique aussi du chant de la nature,

Allongé, presqu'offert dans notre intimité,

Evidence à lui seul de ta féminité.

 

Allongé contre toi, qui soupire sans hâte,

Mon corps est plus tendu et il prend déjà date

Pour d'autres voluptés tout aussi luxurieuses

Avant de s'enflammer d'amours impétueuses.

 

Fusionnés nous ne sommes bientôt plus qu'un seul,

Enlacés, mélangés, et notre souffle uni

Comme tempête gronde sur un monde trop veule

Trouve en nous l'animal qui était endormi.

 

Qu'importe la conscience, quel défi mon amour

A notre intelligence, morale, mais sans attrait,

D'accepter ce qu'on est et d'en faire en ce jour,

Une fête joyeuse et non pas un forfait.

 

Qu'importe les sciences et le parler latin

Quand je peux vivre en toi et embrasser ton sein

Jusqu'à ce que noués indissociablement

Nous atteignions enfin, à deux, le firmament !

 

Peut-être bien que non, nous ne sommes plus jeunes ;

Peut-être bien que oui, il en est de plus beaux,

Laissons donc, ma douceur, la question et déjeune

De moi comme je te mange, par tout petits lambeaux !

 

Le temps tu sais, ma mie,

Nous en ignorons tout :

Ce que dure la vie,

Ce qui nous reste encore !

Ce qui est pris est pris,

Et quand je vois ton corps

Le désir me pétrit,

Et je t'aime surtout !

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