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Du passé ou dépassé ?

Je me souviens de ma jeunesse; et je me rends compte stupéfait que moins de temps a passé entre l'antédiluvienne guerre de 14/18 et mon adolescence qu'entre celle-ci et maintenant.

 

Sur le plan métier (qui comme un éventail s'est développé depuis dans de multiples directions) je regardais les errements de Marconi ou du général Férrié au siècle précédent comme de l'histoire ancienne. Et voilà que mon propre apprentissage, mes études tardives, sont désormais comme les prémisses des débuts d'une chose en devenir. (Bonjour les pléonasmes)

 

Pensez un peu : Petit je réparais aux côtés de mon père puis sans lui, des appareils radios qui avaient été fabriqués avant la dernière guerre. Des appareils dont le câblage avec des fils de cuivre nu quoique étamé, sans aucune soudure mais avec des écrous et des rondelles, était parfaitement d'équerre et avec les distances permettant l'isolement.

J'ai dû remplacer des milliers de potentiomètres, de condensateurs chimiques et de lampes !

D'autres plus tardifs équipés de lampes au culot format Noval, Rimlock puis Duodécal  avant qu'on invente le transistor.

Mais nous étions encore loin des microprocesseurs quand on a vu la radio se standardiser avec des circuits intégrés remplissant différentes fonctions lambda (amplificateurs ou pré-amplificateurs, discriminateurs...).

 

Chez Thomson nous avions même des circuits logiques vers 1964. Des dominos de couleurs contenant diodes et résistances, un transistor parfois, pour constituer des "portes" and, nand, or, nor... 

 

En dix ans de temps, plus rien de ce que j'avais appris n'avait de rapport avec la technologie nouvelle. Nous travaillions avec une tension plaque de 180 ou 200 volts et voilà que les nouveaux circuits fonctionnaient en basse tension, nous travaillions avec de faîbles courants et voilà qu'il fallait compter des ampères, nous élaborions nos propres circuits en choisissant des réglages de pente de travail sur les circuits de cathode des lampes voire des transistors - mais pour la base ou l'émetteur, -  (classe A, AB, B en push pull) et les circuits intégrés n'offraient aucun choix. Si j'osais la comparaison, je dirais volontiers qu'entre nos mises au point perso et le circuit intégré, c'était un peu comme le meuble de l'ébéniste comparé au "truc" de chez Ikea !

 

Quand je parle de radio on comprendra, parce que c'est de là qu'on est parti et c'est la source de toutes les autres sciences de l'électronique, que ça concerne tout aussi bien l'informatique que la haute fidélité ou la télévision  analogique ou digitale. D'ailleurs, en raccourci, si l'informatique est née des mathématiques et de la science électronique, elle même née de la radio, la "nouvelle" télévision digitale (HD depuis ce matin)  est en quelque sorte un retour aux sources. 

Si le morse (signaux brefs et longs, comme les 1 et 0 de l'informatique) reste utilisé par les radios amateurs pour les communications longue distance du fait de sa non confusion avec le "bruit" et les parasites de l'analogique, le binaire (donc le digital) utilise les mêmes propriétés que ce soit en télévision ou en téléphonie. 

Naturellement l'abus de signaux digitaux finit par créer des interférences aussi, mais toutes étant humaines on peut espérer les maîtriser avec un peu d'intelligence tandis que les flux d'ondes émis par le soleil, les planètes et les étoiles ne se laisseront pas apprivoiser, eux !

 

En maçonnerie nous sommes convenus que nous sommes d'éternels apprentis. J'aurais professionnellement eu du mal à terminer ma carrière dans une des voies ouvertes par l'électronique si je ne m'étais pas considéré comme tel et n'avais pas appris toute ma vie.

 

Alors je constate que j'ai l'âge d'être un homme du passé pour tous les jeunes, mais je réfute l'idée d'être un homme dépassé ; que ce soit dans ma science en particulier ou dans la vie sociale et ses modes et mystères en général.

 

Naturellement le vieillissement du corps ne permet plus d'espérer faire certaines choses, pour nous les séniors, et il y a une sorte de lassitude devant certaines autres. Mais nous ne sommes pas blasés pour autant et nous espérons toujours, de la science en particulier, des découvertes nouvelles qui permettent de faire progresser notre connaissance de l'univers. 

 

 

Pluton

Pluton

Quel que soit notre âge, par les images envoyées par les sondes spatiales de corps éloignés comme Pluton et sa jumelle, de planètes cachées sous des nuées comme Vénus, ou de Titan satellite de Saturne avec ses mers de Méthane et ses sols de glace; mais aussi les images du télescope Hubble nous faisant découvrir les pépinières de galaxies ou d'étoiles; et puis la démonstration de la découverte de nombreuses planètes autour des étoiles : tout cela va dans le sens d'une ouverture de l'esprit sur le véritable univers, bien différent du "décor" qu'il a été pour l'humanité depuis des millénaires.

 

Certes l'univers est peuplé de nombreuses autres civilisations, certes des milliers d'entre elles ont dû naître et disparaître avant que nous le soupçonnions. D'autres sont dans l'enfance et ne risquent ni de voyager ni de communiquer, mais d'autres encore, aussi nombreuses, sont sans aucun doute dans la plénitude vers laquelle tendrait la nôtre sans les imbéciles qui tentent de la mettre à mort.

 

Communiquer avec ces intelligences extra terrestre ? Eh bien ceux qui ont mis à jour leur télé ce matin comprendront un peu la difficulté ! 

 

Il y a d'une part la distance. A la vitesse de la lumière les plus proches étoiles (sans même parler de planètes) sont à au moins 4 années de lumière (proxima centauri.) Mais ce problème de distance, outre qu'il rendrait les conversations compliquées en supposant qu'on trouve moyen de se comprendre, n'est qu'une partie du problème : il y a l'orientation à choisir pour des raisons de puissance accessible, et puis il y a les choix faits en matière technologiques. 

 

Nos premières émissions de radio n'étaient que des chocs électriques apériodiques* (cohéreur de Branly et essais consécutifs de Marconi) et donc des émissions électromagnétiques à l'image de ces chocs, puis des émissions sur une fréquence convenue, en modulations d'amplitude (l'intensité de l'émission varie en fonction de l'intensité, et à la fréquence du son émis), modulation de fréquence (la fréquence glisse avec une intensité -éloignement de Fo- et à une fréquence proportionnelles à la puissance et la fréquence du son émis) passons sur les BLU, BLI  (Bande latérale unique, bandes latérales indépendantes) et autres, pour en arriver à la sophistication de codage des émissions numériques.

 

Comme toute émission, le numérique suppose une fréquence, une bande passante (largeur de bande de fréquences) mais le codage est entièrement arbitraire. Celui que la télévision française utilisait hier encore en numérique terrestre n'est pas celui que nous utilisons aujourd'hui, même si c'est son petit frère, et il est impossible de recevoir ces émissions avec les circuits qui permettaient de recevoir celles d'hier. La radio et ses évolutions n'ayant pas cent cinquante ans sur terre, imaginez la difficulté à communiquer avec une civilisation qui n'a que deux cents ans de retard ou d'avance sur la nôtre (quasi rien dans l'absolu) !

 

Voilà, voilà. Je ne développerai pas, c'était juste ma pensée du jour à l'occasion de ce changement supplémentaire de codage des programmes télévisés. Histoire de vous dire que je suis toujours là, mais aussi que l'aventure humaine mérite d'être vécue !

 

*Sans fréquence particulière

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