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L'écho de ton silence d'Isabelle Mutin

Pour ceux qui, comme moi, ont lu "Wuthering Ent" et "Celsius", ce troisième ouvrage d'Isabelle manifeste une évolution de l'auteure. Je ne crois pas qu'on puisse entièrement comprendre ma vision sans avoir lu les précédents opuscules que je pourrais résumer ainsi :

"Wuthering Ent" : Une jeune femme en recherche d'absolu dans un univers regardé via le filtre du mouvement gothique. Le deuil avec ses responsabilités précoces y est son fardeau. L'amour son exutoire. La poésie des mots son expression.

Desirium Tremens s'inscrit entre les deux oeuvres citées ci-dessus, et malheureusement pour moi je ne le possède pas. Mais j'en ai lu l'essentiel par petits morceaux qu'Isabelle nous a offerts,et on y trouve l'expression de sa féminité affamée. Sa féminité ou celle de son héroïne, allez savoir. De toute façon, au milieu de la souffrance abusive, des besoins augmentés, et leur aveu par une femme qui ne se croit pas obligée pour expliquer sa libido d'écrire des textes à caractères pornographiques ou voyeurs.

 

"Celsius" reprend ces sentiments écrasants dans une recherche de rédemption, de guérison.

Le Docteur Celsius représente les manipulateurs de cerveau, les abuseurs divers qui, au nom d'une prétendue science et d'un véritable pouvoir acquis sur l'esprit, satisfont des pulsions malsaines en se régalant de recueillir des confidences intimes dont ils font ou tentent de faire un usage personnel bien éloigné de la déontologie professionnelle. Ici l'héroïne trouve dans sa sexualité et l'amour un autre exutoire à sa difficulté à vivre, mais aussi l'aiguillon qui en fait la proie rêvée de Celsius.

 

"L'écho de ton silence" est la suite de Celsius, personnage qui avec l'autre personnage central en dehors de l'auteure-héroïne malheureuse, est au centre de l'histoire.

Nous retrouvons de façon intuitive car non exprimée la chape qui pesait sur la jeune femme. Elle est trop lourde, et s'y est ajoutée la manipulation sans vergogne de Celsius qui a poussé la jeune femme dans une "folie consciente" au point de lui faire prendre la décision funeste de libérer l'homme qu'elle aime d'elle-même et de ses fantasmagories absurdes. Tentative ratée, non en ce qui concerne l'acte, mais le résultat !

Nous entrons alors dans l'aspect métaphysique de l'histoire. Je ne peux en révéler ici le contenu: ce serait trahir l'auteure, mais l'héroïne n'est pas absente du combat que mène son amour pour comprendre, venger et exorciser cette cruelle absence. La question est : suggestion ou réalité ?

 

Outre l'histoire et ses personnages, car Allan Ryan qu'on avait appris à connaître dans Wuthering Ent y est convoqué comme ami et double masculin de l'héroïne, mais avec une figure quasiment paternelle, il y a le texte, le style, d'une poésie à la fois morbide et tout au contraire remplie d'espérance.

Pour cette première édition nous ne serons que trois cents à vivre une fois encore au travers d'une vision tellement féminine qu'elle oeuvre à sa façon à la compréhension mutuelle hommes/ femmes. Mais attention, ça se mérite !

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