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La crise s'installe et nous, nous les petits qui sommes censés n'y rien connaître, ne pas en pâtir plus que ça (sauf pertes d'emploi évidemment) nous sommes stupéfaits devant l'apparent manque de maturité de ces financiers si aisés à affoler.
La vérité c'est que sous des noms anglicisant inaccessibles au grand public, il se pratique autre chose en bourse que le simple apport de capitaux aux entreprises qui veulent investir, dans l'espoir  - en retour - de dividendes plus substantiels qu'un placement de "père de famille'
Parmi ces pratiques il y a l'achat sur le marché à terme. Ce qui veut dire que vous vous engagez maintenant sur un prix pour un produit jusqu'à l'horizon de 2012 par exemple. Si vous retournez sur mon sujet "pétrole" vous verrez que des achats conséquents avaient été faits pour cet horizon à 145 $ le baril quand le pétrole était sur une pente ascendante.
Évidemment, aujourd'hui qu'il est redescendu à 68 $ on peut imaginer que ces achats sont de la folie ou que la crise fausse la donne. Mais il y a deux attitudes possibles pour ces acheteurs qui n'ont pas encore payé mais sont fermement engagés sur le prix : Garder leur achat en comptant sur la logique de la pénurie qui va forcément faire remonter les prix avant la date échéance, ou perdre les pédales et tout revendre à vil prix en espérant "se refaire" (comme tous les joueurs) pour, le jour venu, avoir de quoi payer leur engagement.

Autrement dit, des gens qui n'ont pas d'argent achètent des produits - inexistants à ce jour - avec promesse de recevoir le produit à l'échéance en le payant au prix convenu. On se souvient de l'affaire du sucre, la leçon n'a visiblement pas porté.
Parce que l'acheteur n'aura peut être pas le premier sou pour payer le jour venu, et le producteur aura peut-être déposé le bilan avant la date. Ce sont des paris faits sur des prévisions très aléatoires dans un monde ou l'effet papillon se fait sentir chaque jour.
Mais vu comme ça au premier degré on se dit que seuls les joueurs sont impliqués et risquent de gagner ou de perdre !
Que nenni ! Ils sont très bien organisés et plutôt que de perdre ils disparaissent, déposent leur bilan et sont insolvables. Les liquidités s'ils en avaient ont disparues et sont passées à d'autres noms par des banques discrètes pratiquant le lessivage d'argent en grand, et le secret bancaire absolu avec la conviction d'un vicaire concernant la confession.
Alors ceux qui n'ont pas disparus du jeu et qui ont été spoliés se rabattent sur des solutions diverses, l'écroulement de la valeur de leurs titres suite à la vente massive par leurs dirigeants de leurs propres actions (on se souvient de l'avionneur, en a-t-on mis en prison au fait de ces initiés délictueux ? Plus personne n'en parle;) l'appel aux actionnaires ruinés pour se renflouer sous menace de dépôt de bilan (Si nous parlions du tunnel sous la manche !) ou encore le chantage aux emplois pour se faire rétablir par l'état aux frais des citoyens. En réalité, tous ces moyens sont utilisés conjointement et finalement ce sont les pauvres gens qui ne comprennent rien à la bourse qui apprennent que leur épargne à perdu de sa valeur au lieu d'en gagner, alors que, promis juré, chiffres des années passées à l'appui  le banquier leur avait montré que son offre d'investissement allait rapporter vingt deux pour cent !
Quand l'état s'en mèle il y a une incidence sur les impôts, et en plus, les banques qui vous ont déjà volés par malhonnêteté ou par imprudence, vont augmenter tous leurs frais et droits pour se rétablir car, bien sûr, elles se sont souvent mouillées aussi avec leurs fonds propres et ça ce n'est pas tolérable, donc elles vont vous le faire payer. C'est ce que j'appelle l'effet "diode" ou si vous préférez l'anglais l'effet "valve" ça passe dans un sens pas dans l'autre. Ou encore : si vous gagnez vous payez sur vos gains, si vous perdez, vous payez sur vos pertes, de toutes façons l'argent va toujours de vous à eux et jamais le contraire.

Mais tout ça n'est qu'une ébauche d'état des lieux. La question que chacun se pose c'est "comment en sortir, comment éviter que ça n'arrive de nouveau ?"

Comment en sortir est une affaire de temps. Ceux qui ont en main l'argent, qu'il leur appartienne ou non, sont immobilisés comme un rat face à un serpent. Il faut qu'ils retrouvent la force et le courage de bouger, de reprendre leur métier, ce n'est que comme ça que la machine peut repartir car même si on décide de changer les règles, ce n'est que sur la base des règles existant actuellement qu'on peut redémarrer. Ensuite il faudrait trouver le moyen de "moraliser les marchés" (J'entends cette expression depuis que je suis en culotte courte, après que la crise de 29 ait ruiné ma famille)
A commencer naturellement par les marchés à terme qui se prêtent au jeu des spéculations mais sont particulièrement risqués. Or, à quoi servent les marchés à terme ? Leçon : Je suis le futur exploitant d'un site pétrolifère (on fait semblant hein, pour de vrai ce sont de grandes sociétés capitalistes) Il va falloir investir en personnel, bien sûr, mais aussi en outillage, à commencer par monter des derricks et prévoir le transport, peut-être même réaliser des routes dans le désert, amener sur place de quoi faire vivre une petite colonie d'hommes qui vont mettre en exploitation. Mais le pétrole mettra plusieurs années avant de couler et durant tout ce temps il faut investir, utiliser de l'argent qui a été "avancé" par les futurs bénéficiaires que sont les actionnaires, qui ont donc acheté des titres et peuvent les revendre, au prix du marché, quand bon leur semble, en profitant ou subissant les aléas de ce genre d'entreprises. Et puis il y a les acheteurs du pétrole sur le marché à terme. Eux aussi peuvent revendre leurs obligations, mais s'ils ont acheté du pétrole à cent quarante dollars le baril ils risquent fort d'avoir des difficultés à trouver preneur au-dessus du prix actuel même si la logique allait vers le prix fort et continue de pointer sur ce prix fort à l'échéance. Il y a donc perte de confiance, et si l'un commence à vendre en catastrophe d'autres vont suivre affolés c'est inévitable et l'effet "boule de neige" s'enclanche.
Dans notre affaire, les subprimes américaines ont plombé les finances des organismes de crédits et donc des banques. Pourquoi ? Parce qu'on a prêté de quoi acheter des maisons sur la base d'un crédit à taux variable dans l'espoir de sucer jusqu'au dernier sous de pauvres gens qui se sont un temps donné l'illusion du miracle américain. Quand ils n'ont plus pu rembourser des mensualités décuplées, quand par milliers ils ont été expropriés, abandonnant des maisons ravagées, par vengeance contre la malhonnêteté des banquiers. Ceux-ci, qui s'étaient déjà distribué les bénéfices escomptés de l'opération, se sont retrouvés à la tête de cautions pourries parce que constituées de maisons invendables vu leur état ou leur situation dans des quartiers sinistrés.
Or, s'ils avaient distribué les bénéfices, les cautions représentaient une grande partie du capital investi , et ce capital investi c'est évidemment l'argent des actionnaires qui se sont gobergés avec les bénéfices mais n'acceptent pas de perdre leur capital. Et c'est là que nous avons affaire à de mauvais joueurs qui, non seulement, chaque fois que les perspectives sont bonnes, se réservent des parts importantes (les noyaux durs des "investisseurs institutionnels") mais qui en cas de grosse erreur d'investissement, refusent d'assumer les conséquences et réclament des états ou de leur clientèle le remboursement de leurs pertes.

Or, et c'est là que la morale est au plus bas, elle aussi : on sait bien que l'argent c'est comme les stocks de produits : ce qui disparait de chez vous est parti chez un autre, rien ne se crée, rien ne se perd (sauf si on fait marcher la planche à billet pour dévaluer sa propre monnaie et faire supporter aux créanciers les pertes de valeur, les ricains nous font constamment le coup) Donc les milliards disparus dans cette affaire ne sont pas perdus pour tout le monde et en tout cas pas disparus pour toujours. Certes les fameuses maisons à l'origine de toute l'affaire sont peut-être invendables ou brûlées, mais sincèrement, à elles toutes elles ne représentent en réalité qu'une fraction minime des pertes annoncées en bourses. Le reste est le produit de l'affolement qui fait précipiter les gogos  à vendre du solide à vil prix pendant que de gros malhonnêtes les encouragent à perdre leurs nerfs et rachètent au plus bas, sachant pertinemment que dans peu de temps ils revendront sans mal au prix vrai, proche du double. Et ceci n'est possible que parce qu'il n'existe aucun organisme d'état pour freiner les mouvements de panique à l'inverse des villes qui ont, pour aider leurs concitoyens, les "monts de piété" Car il est certain que si on protégeait les tout petits investisseurs contre eux-mêmes ils comprendraient vite leur erreur.  Mais comment définir ce qu'est un petit investisseur et un gros ? Le pépé qui a économisé toute sa vie et qui place cent mille euros se prend pour un capitaliste quand il n'est même pas un enfant de choeur. Demandez à Serge Dassaut ce qu'il vient d'investir à titre privé en rachetant une part non négligeable de Thalès : ça se chiffre autour d'un milliard et demi d'euros et là on ne joue plus du tout dans la même cour; car si Dassaut ne fait que gagner dix pour cent sur l'opération, il pourra (à 83 ans) s'envoyer en l'air avec cent cinquante millions d'euros tandis que mon pépé s'il gagnait (mais ça ne risque pas, enfin supposons) même 100% ne ferait que gagner cent mille euros. Voyez, quand je dis dans ma présentation que chacun doit comprendre dans quel cour il joue et qui sont ses petits camarades.

Ah, je vous rassure, Dassaut va gagner beaucoup plus que dix pour cent, et pépé beaucoup moins que dix pour cent : l'argent va à l'argent ; tout le monde sait ça !

Tenez, voici l'explication la plus simple possible qui circule sur le web :

 

Crise des subprimes:
une explication très simple pour ceux qui essayent encore de comprendre

Alors voilà, Mme. Ginette a une buvette à Bertincourt, dans le Pas de Calais. Pour augmenter ses ventes, elle décide de faire crédit à ses fidèles clients, tous alcooliques, presque tous au chômage de longue durée. Vu qu'elle vend à crédit, Mme. Ginette voit augmenter sa fréquentation et, en plus, peut augmenter un peu les prix de base du "calva" et du ballon de rouge.

Le jeune et dynamique directeur de l'agence bancaire locale, quant à lui, pense que les "ardoises" du troquet constituent, après tout, des actifs recouvrables, et commence à faire crédit à Mme. Ginette, ayant les dettes des ivrognes comme garantie.

Au siège de la banque, des traders avisés transforment ces actifs recouvrables en CDO, CMO, SICAV, SAMU, OVNI, SOS et autres sigles financiers que nul n'est capable de comprendre.

Ces instruments financiers servent ensuite de levier au marché actionnaire et conduisent, au NYSE, à la City de Londres, aux Bourses de Francfort et de Paris, etc., à des opérations de dérivés dont les garanties sont totalement inconnues de tous (c.à.d., les ardoises des ivrognes de Mme. Ginette).

Ces "dérivés" sont alors négociés pendant des années comme s'il s'agissait de titres très solides et sérieux sur les marchés financiers de 80 pays. Jusqu'au jour où quelqu'un se rend compte que les alcoolos du troquet de Bertincourt n'ont pas un rond pour payer leurs dettes.

La buvette de Mme. Ginette fait faillite.

Et le monde entier entre en crise

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