Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Il y a sans doute beaucoup à dire sur le système de soins français, et le peu que j'ai vécu ce matin m'a assez exaspéré pour que je souhaite d'éventuelles informations sur d'autres situations aussi absurdes.

Je dois donc passer un examen tout bête de l'oesophage et de l'estomac pour déterminer d'où viennent les remontées gastro oesophagiennes qui me pourrissent mes soirées et m'interdisent de me coucher à une heure raisonnable.
Il faut choisir de passer la fibro avec ou sans anesthésie, et tous comptes faits je choisis avec anesthésie. J'ai rendez vous ce matin avec l'anesthésiste; à midi moins dix. Je suis à l'heure, mais il me prend à midi et demie, naturellement, puis me renvoie vers un bureau à l'autre bout de l'établissement pour y "prendre des papiers". A force de rebuffades de pétasses embusquées derrière des comptoirs et qui n'apprécient pas qu'on leur casse les pieds, je finis par trouver au bureau 15 un triplet de pétasses,pas très jeunes d'ailleurs, qui se racontent leur vie mais consentent à me considérer. L'une regagne même son bureau dans le couloir voisin.
J'apprends alors que je dois aller aux admissions faire une sorte de "pré admission" ! Lorsque je tire un ticket de la mahine il porle le numéro 210, les appels en cours concernent le 179 ! Une masse de personnes attend d'ailleurs, un  peu partout, occupant tous les fauteuils et une bonne partie des passages.

A ce moment il est déjà une heure moins dix et ce n'est qu'à deux heures quarante cinq, après que les 3 pétasses des admissions soient parties manger et revenues chacune son tour, que les 31 personnes qui étaient là avant moi sont enfin passées.
A aucun moment - en prenant rendez-vous - on ne m'a prévenu de la nécessité de prévoir une immobilisation aussi prolongée; D'ailleurs les parcmètres ne sont pas non plus prévus pour accepter le paiement d'un aussi long stationnement. Je suis donc venu avec dans l'idée que j'allais perdre une grosse demi heure, trois quart d'heure peut être et quand je sors trois heures se sont écoulées. Les commerçants sont évidemment fermés, je n'ai plus comme solution que d'emmener ma femme manger unr saloperie dans un fast food, et on sait à quel point j'aime les fast food, du moins on peut s'en douter.
Fast d'ailleurs, pas tant que ça, et pour ce qui est du service... Bref, je suis rentré chez moi à quatre heures moins le quart sans avoir prévenu quiconque d'une absence prolongée (les portables sont interdits dans l'enceinte de la clinique, of course, sauf pour toutes les pétasses qui vivent le combiné à l'oreille)
J'ai donc payé en espèce une consultation d'anesthésiste qui facturera quand même sa prestation la semaine prochaine, mais dont la secrétaire ne prend pas la carte vitale parce que "ça ne marche pas le plus souvent" et "ça fait perdre du temps à tout le monde" (lol) puis j'ai vu la secrétaire du praticien, puis les administratives de l'établissement. Et c'est là que se situe la pourriture du système : tous ces gens vivent à leurs croûtes. Ils payent d'énormes royalties à la clinique pour y exercer, les refacturent naturellement aux patients, et chacun fait dans son coin son petit caca nerveux en s'acharnant à piquer le maximum qu'il peut à la sécu (ou équivalent dans mon cas)
Et pendant ce temps l'hôpital public vit paraît il à perte. J'ai du mal à comprendre ! Les actes sont facturés au même prix pour un même K, les médecins hospitaliers ont vite fait de vous colloquer dans une chambre à 2000€/jour quitte à vous relâcher au bout de quelques jours de souffrance (pour moi à l'époque c'était " pas de tabac, rien à bouffer parce qu'on va vous opérer") sans même avoir ré examiné votre blessure et sans avoir pratiqué la moindre intervention. Le coût réel se limite à la location de la chambre et aux pilules anti douleur qu'une antillaise grasse et rigolarde vous apporte à deux heures du matin pour la prise de minuit, vu qu'elle se faisait sauter dans une chambre vide un peu plus loin. (Pour moi il s'agissait, comme certains s'en souviendront, d'une fracture du calcaneum)

C'est à croire que les gens qui travaillent autour de la santé se donnent le mot pour être plus cons, négligeants et incompétents entre le public et le privé. Seigneur Dieu, eux travaillent pour la santé des gens, ils ont des vies entre les mains, il faut les admirer (même les pétasses enfermées dans des bocaux qui tapent avec deux doigts, comme moi) et surtout "être à leur disposition" parce que visiblement, nettement, clairement, eux qui vous coûtent si cher, "ne sont pas du tout à la votre de disposition" puisque vous êtes supposés vous faire soigner aux frais de la sécu, et qu'ils ont le sentiment d'en faire encore trop pour les minables que vous êtes.
Ce serait évidemment différent si "à la fin de l'envoi" nous sortions le portefeuille pour payer ... ou pas"
Et le plus rigolo c'est qu'il y a une sorte d'urne préremplie, jamais vidée, qui est censée contenir des commentaires sur la satisfaction des gens...On croit rêver. Rassurez-vous : ça fait un bail que les formulaires ne sont plus disponibles.

Donc j'ai constaté entre l'hôpital et la clinique diverses choses comme cette prétention qu'ont les gens de ce milieu à ne pas considérer leurs "clients" comme des clients, au moins comme des cochons de payants : ça, c'est l'effet pervers du tiers payant. Ils oublient que nous abondons, avec nos cotisations, les caisses qui payent, ou en tous cas pensent que nous l'avons oublié. Ensuite il y a les dépenses inutiles, hospitalisation sans suite et sans surveillance mais grosse gagneuse. Et le temps du patient qu'on vole sans la moindre décence, sans complexe, comme si nous, les payants, étions à leur disposition pleine et entière.
Il y a quelque chose de pourri au royaume d'Hippocrate, au delà même du refus des médecins à aller exercer là où on a vraiment besoin d'eux, de leur refus de pratiquer la médecine gratuite que leur serment leur impose et que la loi leur prescrit (pas gratuite, mais moins juteuse dans le cas des bénéfiaires de la CMU)
J'avais déjà vu les médecins se faire du gras sur la mort de mon père qui, étant mourant d'un infactus, s'est quand même vu transporté pour des examens coûteux de Pontoise à la clinique Hartmann, réanimé seize fois, dilaté dans un second temps au CCN de Saint Denis, avant de mourir quand même (nous le savions depuis le début, et les médecins encore mieux, à 82 ans....) mais pas sans avoir vidé le gousset des caisses maladies de 60 000 euros supplémentaires (conversion faite, à l'époque c'était des francs)
Je suis bien certain que beaucoup d'autres ont à dire sur ce sujet, mais chacun considérant sa prope santé comme son bien le plus précieux (et c'est quand même vrai) ne veut voir dans la médecine que son aspect positif, oublier les pouris qu'elle abrite et les abus dont elle est l'objet, en particulier en matière d'imagerie médicale, mais pas seulement. 
Le commentaire de Joy :
 

 

J'ai deux copines jeunes pharmaciens internes en hôpital et elles me racontent régulièrement le scandale de l'irresponsabilité des uns et des autres, c'est effarant. Il n'est pas rare que quelqu'un meurre parce que les soins n'ont pas été ou n'ont pu être fait correctement, par négligence, incompétence ou manque de personnel.
Quand j'ai eu les pieds brûlés par une substance chimique dangereuse et interdite en Europe qui avait été vaporisée dans des chaussures chinoises, je me suis rendue à l'hôpital pour faire constater de manière officielle ce qui m'était arrivé, le médecin qui m'a reçue a levé les yeux au ciel en disant que ce n'était pas de sa compétence, que cela relevait des services sanitaires et qu'il n'y en avait pas dans cet hôpital, qu'il fallait que je cherche moi-même où ça se trouvait ! Il a juste rédigé un document succint décrivant ce qu'il voyait mais n'a jamais su me dire où je pouvais faire analyser le produit incriminé. Ce n'était pas son domaine...
La plupart du personnel hospitalier est dépressif : mal payé, horaires déments, gardes de nuit, vie privée déstabilisée... ça doit jouer.
Mais ici ce n'est quand même pas le pire : au Canada mon frère est resté plus de 48 heures sur un brancard (2 jours et une nuit !)dans un couloir en souffrant horriblement avant que quelqu'un consente à s'occuper enfin de lui !!
A part à Neuilly il ne faut pas tomber malade !
Bisous François
Tag(s) : #Nouveaux articles

Partager cet article

Repost 0