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C'est le primtemps, premier temps de l'année  (primum tempus) même si un abruti a décidé un jour de déplacer la date du début de l'année au premier janvier.

Y'en a des, j'vous jure, rien qu'à embêter les autres.

Bref, l'année commence avec les bourgeons, les pluies et de belles promesses de moissons ou de vendanges, sauf évidemment pour les viticulteurs dont les vignes ont été victimes de la grêle. A se demander comment vivaient les gens dans les temps anciens. Notez qu'avec le pinard, il n'y a qu'à voir les surstocks pour comprendre que récolte ou pas récolte ils peuvent continuer de vendre du vin toute l'année. Pas contre ils devront attendre l'an prochain pour la nouvelle Mercedes !
Donc c'est le printemps et partout s'organisent comme ici des expos ventes de plantes et de fleurs, de photos d'artistes ou qui se croient tels, d'importateurs confidentiels d'épices véritables et d'encens non chimiques (du moins pas fabriqués avec du pétrole)

Nous avons mangé des casses croûtes et des frites dans une cabane d'association qui organise l'aide aux handicapés, bu des rafraîchissements et du café d'une organisation voisine et nous avons profité d'un après midi incertain mais aéré au mieu des enfants, des plantes et des oiseaux.

La pluie ne nous a pas totalement épargnés, mais est-ce l'accent ou le talent des conteurs, on n'avait pas envie de partir avant de tout savoir sur ces merveilles tellement exposées habilement qu'on aurait pu croire les découvrir et même ne pas lire ou entendre les erreurs à leur sujet.

Allez savoir pourquoi, quand il s'agit de plantes et autres produits de la terre, de poisons, de remèdes, on regarde l'autre, en face, comme un sorcier. Un qui fait et qui sait des choses secrètes, un qui fait pousser les plantes qu'il veut comme il veut et qui, sans doute, se roule la nuit dans des fougères et embrasse les arbres à pleins bras pour en recueillir la force.
La grande vouivre n'est jamais loin avec de tels interlocuteurs, et vous sentez sous vos pieds frémir ses courants sous-terrains.
Ici, quelque part, dans ce square qui est une survivance de nature préservée au milieu de la ville, on sent la présence ancienne d'un autel druidique, ou païen d'une autre nature, mais d'un autel où eurent lieu des sacrifices, de terribles offrandes aux dieux quels qu'ils soient qui les acceptèrent. On feint la civilisation mais la superstition, toutes ces croyances effrayantes de l'ancien temps nous poursuivent.
Nous faisons semblant d'être sûrs de nous, mais nous savons qu'ils nous guettent, qu'ils attendent leur heure pour nous réclamer des comptes. Que représentent les deux millénaires qui viennent de s'écouler pour un dieu ?

Ici et là fleurissent aussi des femmes. De tous âges, elles regardent les hommes au fond des yeux, comme si leur regard allait dans votre coeur, votre cerveau et qui sait, votre caleçon aussi, on peut rêver. Nous ne sommes pas en terre étrangère et ces femmes sont les mêmes qu'on voit tous les jours, mais en ce lieu et en ce moment elles sont devenues fées et cachent mal leur désir de modifier les destins.

Les courbes de leurs corps oscillent tel le serpent de la fable et dessinent d'adorables arabesques que la main rêve d'aller caresser. Mon petit fils
lui-même, qui n'a que deux ans, s'en émeut (son père aussi et son grand-père) Et puis la pluie vient troubler l'instant magique obligeant les belles à se réfugier sous des mantes et à rejoindre d'abominables dragons avinés qui sont leurs maris.
La fête est finie, nous allons rentrer au sec, après avoir volé quelques images dont celle d'une adorable petite fille qui fera peut-être un jour le bonheur de mon petit fils et qui, disons le car on le voit sur la photo, n'a pas froid aux yeux elle-même !

Tag(s) : #Nouveaux articles

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