Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Pour des raisons que je n'évoquerai pas ici, je me suis intéressé au droit à l'image. C'est un sacré foutoir dont il ressort deux choses: le droit à l'image est comme les fusées gigognes, le droit de l'un n'empêche pas le droit des autres (interprète, producteur) et tout ça finalement a un but unique "faire du pognon"

Imaginez : il est clairement stipulé que si vous voulez publier la photographie d'un immeuble, par exemple, qui est clairement reconnaissable (la plupart des monuments de Paris en ne parlant que des immeubles récents soumis aux textes) vous devez avoir l'autorisation du propriétaire des droits (photographe) mais aussi de l'architecte. En espérant que le photographe lui-même se soit assuré de sa propriété des droits en ayant l'autorisation du propriétaire de l'immeuble et de l'architecte s'il est vivant, si étant étranger il est joignable, si étant un monsieur important il veut bien condescendre à vous écouter. Nous pourrions évoquer la défense, par exemple,  qui a nettement moins des cinquante ans prescrits et qui à la moindre image représente trois douzaines d'immeubles dont il va falloir (en théorie) retrouver les différents architectes avant de leur tirer le portrait, de près ou de loin, sans en oublier un seul, vu que cet ensemble est on ne peut plus reconnaissable. Du coup ça concerne toute photo prenant globalement l'agglomération parisienne d'une certaine hauteur, y compris Google earth ou Google street view. A vérifier si ces braves gens ne sont pas en train de s'exposer à des procès avec cette grande opération street view,  vue la connerie des lois, françaises au moins.

Si la tour Eiffel n'avait pas cent vingt ans son image rapporterait davantage que ses visiteurs... et pourtant...

Bref ! Ces lois sans cesses remaniées pour permettre aux escrocs de gagner de plus en plus de fric sans avoir plus rien à faire (mais aménagées pour l'éducation nationale en 2006) font la part belle aux connards procéduriers pour lesquels toutes les occasions sont bonnes de gagner du fric.

Moi, par exemple, je m'efforçais de ne publier que des images dont je suis l'auteur et reprenant des scènes de vie familiale ou d'extérieur (rues, squares...) Mais ça ne me met à l'abri de rien. Même si seul les habitants d'un quartier sont susceptibles de reconnaître un immeuble, rien n'empêche les ayants-droit à l'image de cet immeuble de me chercher des poux dans la tonsure.
Paradoxalement, les gens sont très mal protégés. Dès lors qu'ils ne peuvent ni prouver que vous avez cherché à leur faire du tort, ni que les photos ont été volées dans leur intimité, et encore moins si cette publication n'est pas à caractère lucratif, eux sont condamnés à subir en se taisant (sauf si étant riches ils achètent un juge avec quelques avocats en garniture.)

En résumé l'image d'un immeuble suppose des autorisations alors qu'il fait partie de l'environnement et se voit de la voie publique, tandis que l'image d'un ivrogne sortant d'une boîte à pute et oscillant sur le trottoir est libre de droits.

Alors ça n'encourage pas à décorer les blogs d'images personnelles, parce qu'avec des textes si compliqués et favorables aux chicaneurs procéduriers, même la photo d'un monument historique peut vous valoir des emmerdements, pour peu qu'un cadre un peu large laisse apparaître le hlm construit par dérogation et graissage de pattes tout près, et qui lui a moins des cinquante ans de la prescription.

En même temps, c'est vrai que quand on voit les immondes constructions des architectes modernes on peut comprendre qu'ils redoutent de voir exposer leurs "oeuvres."

Tag(s) : #Philosophie

Partager cet article

Repost 0