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Sur les fora (c'est le pluriel de forum, faut sortir un peu) on retrouve assez souvent des débats sur l'être et le paraître. L'apparence et l'essence sont une autre façon de parler du même sujet mais peut-être que ces deux mots permettent de l'appréhender sous un autre angle!

Sans doute que le portrait jadis, accessible aux seules familles fortunées, et la photographie depuis, ont donné une importance considérable à l'apparence, au paraître donc ou du moins une de ses formes. Même si l'on sait que les peintres retouchaient leurs modèles pour amoindrir leurs défauts physiques, que les jeunes princesses qu'on mariaient aux jeunes princes et futurs rois par portraits interposés étaient parfois de véritables surprises pour ceux-ci au moment de concrétiser le mariage parce que si le visage avait une certaine ressemblance sous un certain angle, la demoiselle pouvait avoir un pied bot, être quasiment naine ou d'une stupidité crasse.

Le portrait humain ou des propriétés qu'on possédait, était avec une histoire écrite ce qu'on léguait de plus concret de sa fierté d'avoir été.
La photographie, en démocratisant la chose ne l'a pas arrangée, et l'on triche toujours autant même sans retouche sophistiquée. D'ailleurs aux débuts de la photographie, quand les temps de poses étaient très longs, outre qu'on donnait aux modèles des colonnes où s'appuyer pour le confort, on les photographiait généralement yeux fermés, et l'artiste peintre - que la photo avait privé de boulot -, peignait les yeux ensuite sur ces paupières closes. Autant dire que, le regard exprimant l'âme même, ce seul détail signifiait beaucoup.

Mais quand on y réfléchit l'apparence des choses est souvent trompeuse et il y a plus de proximité d'essence (sans jeu de mot) entre un voiture attelée et une voiture automobile qui ont très tôt cessé de se ressembler, qu'il n'y a de proximité de vérité intérieure, d'utilité concrète, entre la voiture de monsieur tout le monde et un bolide de F1

Dans des domaines comme la chimie, les médicaments ne sont pas chose nouvelle, et outre que les remèdes "de bonne femme" ont donné naissance à la pharmacie moderne, on continue à rechercher dans les molécules fabriquées par les plantes au hasard des évolutions de la vie elle-même, les médicaments nouveaux.
Pourtant, si l'on considère les apparences, le liquide pas toujours agréablement odorant obtenu de décoctions diverses, ne ressemble ni aux pilules modernes ni aux traitements injectés.
Et si l'on a redonné à l'emplâtre une nouvelle modernité, on en a changé l'aspect pour ne pas avoir l'air de copier, en parlant de médication "transcutanée" et de "patchs" ! Pour autant on n'a pas encore transposé l'expression "emplâtre sur une jambe de bois" " en "patch sur une jambe de bois" Mais c'est normal, les prothèses modernes sont en matière synthétique.

Tout ça pour dire que, comme le dit aussi l'expression populaire, " l 'intelligence n'est pas inscrite sur le visage," et si l'on ne se réfère qu'à l'aspect des gens, on risque bien des déceptions dans les couples, surtout quand, au bout d'un temps pas aussi long qu'on croit, on cesse de véritablement se regarder avec l'acuité nécessaire pour se voir changer mutuellement, et rarement dans le sens de l'embellissement (quoique...) tandis que la stupidité crasse qui était déjà la base de la demoiselle ou le machisme alcoolique qui était déjà le fondement du beau jeune homme, ne se sont pas non plus arrangés avec le temps, et que les deux se pourrissent la vie;  enfin, je dis ça comme si rien n'avait évolué, mais les deux ont déjà changé vingt fois de partenaires en partant du principe qu'eux-mêmes étant la perfection, les défauts venaient exclusivement de l'autre. L'ennui c'est que cette conviction les empêche de se remettre en question et ne change pas leur goût pour la beauté plutôt que pour des qualités plus subtiles.
 
Ce qui fait qu'au résultat, avec ou sans changement de partenaires, ils continuent de se pourrir la vie avec d'autres, car s'il y a une constante dans la vie, c'est que l'exceptionnel est forcément le plus rare.
Or la beauté est relative, et la forme des os et leur habillage de chair sont finalement de peu de complexité esthétique, d'aspect je veux dire. Entre beau et laid, outre les goûts personnels, il peut n'y avoir qu'un menton qui avance d'un ou deux milimètres de plus, des yeux  un peu rapprochés ou un nez trop long : des détails d'apparence qui n'ont aucune incidence sur la qualité du fonctionnement humain, ni dans la vie, ni dans la reproduction, ni au lit d'ailleurs, puisque ça compte tant, et au contraire ; Cyrano était probablement bien meilleur amant que Christian. (si l'on se base sur l'affirmation qu'on a le paf comme on a le pif)

Par contre, l'extraordinaire agencement de neurones qui fait la différence entre la grande intelligence et la stupidité n'a pas de conséquence sur le visage ou le corps, en dehors des cas de trisomie ou de crétinisme qu'on voudra bien classer à part. (le crétinisme, bien connu dans les alpes, étant le produit de trop de consanguinité quand, se mariant toujours dans la même vallée depuis des générations, les gens s'épousent entre cousins issus de cousins)

Pourquoi l'intelligence est elle plus importante que la beauté ? Parce que l'intelligence conçoit, anticipe, gère, construit, prévoit, modère et encourage. Parce que tant qu'à vivre et se reproduire autant vivre bien et avoir des enfants sains plutôt que des enfants beaux vivant misérablement et trop nombreux près de parents beaux aussi (quoique là aussi hein, y'a pas de règle) mais incapables d'être mieux que des larbins dans une société qui se prétend égalitaire, mais n'en a jamais donné aucun signe dans aucune civilisation, parce que c'est un leurre de croire qu'un abruti vaut autant - socialement parlant - qu'un homme intelligent (homme, pas au sens sexué, terme générique : c'est moins cher) fut-il laid ou pas très beau.

Dans notre société d'entreprises de masse, la grande majorité des gens ne connaissent pas leurs dirigeants réels, juste des petits cadres locaux, et si vous posiez la question, ils vous affirmeraient qu'ils se soucient bien peu que leurs PDG et autres financiers internationnaux soient beaux et bronzés comme des maddock ou moches et visqueux comme (non, par pudeur je ne nomme pas) disons des chaddocks. Ils s'en foutent, parce que ce qui compte c'est que le gars qui dirige (ou l'équipe) soit capable de leur donner du boulot toute l'année, de bien les payer, d'anticiper les évolutions pour que tout ça dure. C'est en somme la définition du choix de l'intelligence contre la beauté, de l'être contre le paraître, de l'essence contre l'apparence.

Vous allez me dire que si on peut avoir un bon cerveau dans une belle enveloppe, c'est encore mieux. Bien sûr je suis d'accord a priori même si je ne suis pas convaincu que la vie d'un homme "beau" n'est pas perturbée par rapport a ce qu'aurait pu être sa vie "laid"

Prenons un personnage théorique : il est beau, sportif, intelligent. En conséquence il se fait toutes les nanas qu'il veut : elles tombent à ses pieds comme les catins qu'elles sont profondément, et d'ailleurs s'il ne choisit pas de devenir pédé il ne se lasse pas moins très vite d'elles au sens général comme au sens individuel. Même s'il est intelligent, c'est notre postulat, il n'est pas un génie parfait averti par avance de tous les dangers, et puisqu'il faut commencer par être jeune avant que d'être sage (hélas) il va sans doute chercher du plaisir ailleurs qu'avec des filles à la fois trop faciles et surtout trop peu intéressantes (il est quand même intelligent) il va donc fréquenter des artistes, des écrivains, des philosophes (peut-être en devenir, des gens de sa génération ou de celle de ses profs) et va sans doute être confronté à la boisson, à la drogue et dans ce cadre très général et stéréotypé va probablement se livrer à des choses illégales,ne serait-ce que conduire en état d'ivresse ou sous l'emprise de drogue ou encore en dealant, car "intelligent" ne signifie pas "parents riches" et la came ça coûte mes enfants.
Donc malgré son intelligence, en supposant qu'il ne se tue pas en voiture ou ne succombe pas à une overdose, ce jeune et beau sportif risque de voir sa vie foutue en l'air parce qu'il se sera trop vite satisfait et dégoûté de tous les plaisirs du sexe, qui sont la drogue ordinaire des gens (les hormones de l'orgasme, les endorphines, sont de la drogue), et aura recherché plus de saveur dans des drogues plus violentes (alcools inclus) Et s'il échappe à toutes les menaces qui pèsent sur les jeunes beaux (et fortunés, c'est encore mieux, tant qu'à faire) il succombera peut-être à la dépression dans un monde où la seule perspective sure est la mort et où les plaisirs les plus recherchés lui sont devenus odieux. Ce qui fait que son intelligence sera restée potentielle, quasiment virtuelle, éclipsée par la recherche de plaisirs immédiats et faciles tandis que l'intelligence concrète permet de gérer une vie et d'apporter à soi et aux autres sur le long terme.

Si ma démonstration n'est pas convaincante allez seulement lire la vie des "people," leurs cures de désintox à répétition (drogue et alcool mêlés) leurs suicides, leurs divorces alors qu'ils se choisissent généralement entre "beautés" Il y en a forcément dans le nombre qui sont laids mais fortunés (et parfois ça donne le même résultat) mais aussi qui sont intelligents ou qui ont du génie (pas forcément la même chose, mais l'un participe à l'autre) seulement les proportions ne seront pas les mêmes parmi ces tarés entre ceux qui ne sont que beaux et ceux qui ne sont que intelligents, les premiers étant sans aucun doute les plus nombreux dans le cercle des tarés.

L'idéal serait donc d'être à la fois beau et intelligent dans un cadre familial qui vous guide jusqu'à l'acquisition de cette forme de sagesse qui éloigne à la fois des gens qui ne s'intéresse à vous que pour votre beauté (pétasses) ou pour votre argent (putains) mais gagner à la loterie le premier prix correspondant à trois gros lots différents ça devient un défi à la face de Dieu (enfin, si j'y croyais) à la raison des statistiques les plus optimistes en tous cas. Avoir des enfants raisonnablement intelligents et pas  horribles est une espérance plus modeste pour des parents, certes, mais plus raisonnable, et correspondant à un plus grand nombre d'individus, ce qui - si nous pouvions postuler avant la naissance - serait plus accessible pour nous. Mais la nature nous offre ce que le hasard ou l'hérédité (ça revient quasiment au même) veut bien nous accorder, il n'y a à aucun moment une notion de justice qui intervient là dedans, au contraire, le principe évolutif de la nature est basé sur le hasard d'essais multiples sur de longues durées et la conservation pour la procréation des individus qui sont les plus aptes à se reproduire et à se défendre, à conquérir en somme, les femmes comme les pouvoirs. Or, si trop souvent conquérir une femme est basé sur l'apparence, acquérir ou conquérir du pouvoir est basé sur l'intelligence (et ce pouvoir amène des femmes ensuite, nous l'avons déjà expliqué ; salopes ! lol, ça manque de variété d'émoticones ici)

La question qui est en suspens depuis quelques milliards d'années a donc trait au choix entre perfection physique et perfection intellectuelle à moins que les deux soient indispensables. En réalité la réponse ne sera donnée qu'à l'échéance, quand l'humanité disparaîtra ou laissera la place à une nouvelle espèce : soit issue d'elle par mutation, soit issue d'elle par intelligence (androïdes construits, théorie volontiers soutenue par les savants Russes pour qui l'homme sera - en construisant des androïdes intelligents et au-delà - le maillon qui aura donné naissance au maillon suivant, simple outil de la nature en l'occurence. Cette théorie qui ne laisse évidemment plus la moindre place à la sexualité devenue inutile et encombrante, part du principe que limiter la vie aux planètes de type terre est trop restrictif. Des androïdes pourraient 'vivre' dans l'espace ou sur des planètes dépourvue d'atmosphère et à des températures que nous ne supporterions pas, voyager très loin et propager la vie à travers l'espace, alors que l'homme, tel qu'il est, ne saurait pas supporter un voyage qui demanderait des dizaines de générations, fut-il adapté à la vie en milieu clos. L'ennui dans cette théorie, c'est que si on prive l'être vivant de cul, on le prive de motivation à vivre. Et ce serait sans doute vrai pour un androïde véritablement intelligent aussi : quel raison aurait-il de vivre ? Enfin, ça reste du moins à imaginer et ils le feraient sans doute mieux que nous : par construction ! Il suffit en somme, à l'imitation de la nature, de générer une onde de plaisir pur à chaque fois que l'individu a accompli son devoir, ce que nous ressentons en baisant, mais aussi en mangeant, en dormant, en ch...t, en pissant etc.
C'est à dire chaque fois que notre comportement est utile à notre conservation ou celle de l'espèce, mais que nous ne nous y livrerions pas sans "récompense" : déjà le réflexe de Pavlov ! Ah, ces Russes !)

Ce qui est certain, c'est que si la poulette du coin de la rue est convaincue que son avenir ne se conçoit qu'auprès d'un mec canon, la société dans son ensemble préfère nettement être dirigée par un mec intelligent qui peut même vieillir en conservant l'essentiel de cette qualité, tandis que le mec canon, au bout de vingt ou trente ans, déplumé, engraissé du bidon, et toujours aussi potentiellement con, sera aussi potentiellement cocu si sa poulette a vieilli moins vite ou a tout simplement trouvé le même avec un cerveau en plus. Mais que les poulettes ne rêvent pas trop : ça ne risque d'arriver qu'aux poulettes belles et intelligentes, une rareté aussi grande que les mecs beaux et intelligents, c'est dire !
Tag(s) : #Philosophie

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