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Quand le soleil commence à se faire plus rare, quand les voitures se font plus nombreuses dans les villes, quand les rires des enfants ne résonnent plus que deux fois par jour et seulement près des écoles, alors nous voyons que les vacances s'achèvent.

Je dis "nous" en parlant des retraités pour qui les notions de vacances, comme celle de travail, ressortent d'un passé plus ou moins récent.

Quelque part au fond de nous il y a un petit pincement tandis que la jeunesse continue sa progression vers un avenir où nous ne figurerons plus, bientôt, que dans des albums de photos rarement consultés. Voilà, notre route s'achève en courant sur son erre. Inutiles et désoeuvrés, contraints à nous rationner parce que des malins nous ont habilement grugés en changeant la monnaie et en provoquant ce qu'on appelle la crise.

Nous n'avons même plus les moyens de faire les cadeaux, autorisés ou défendus par les parents, qui faisaient notre joie égoïste quand nous étions de jeunes grands parents encore actifs.

C'est l'automne, et cette saison douce est bien moins douce quand elle se conjugue avec l'automne de la vie, car les années raccourcissent avec l'âge, les saisons sont trop rapides, et si nous n'en savons pas le compte, nous savons que la décrémentation de notre compteur individuel va s'accélérant vers un dernier hiver sans printemps. Ce n'est pas grave en soi, mais nous regrettons - avec cette forme de sagesse que donne le recul et le détachement liés aux diminutions d'appétits divers - de ne percevoir l'essentiel que trop tard pour que ce soit encore utile.

Savoir même si nous aurions pu en faire quelque chose quand il était temps. N'y a-t-il pas conflit entre le savoir assis sur l'âge et le même savoir reçu sans certitude de son bien fondé ?

Tant de gens ont vécus des vies si différentes, et ont définis tardivement leur essentiel en différents sujets et en divergeant de notre point de vue.
C'est qu'on ne mène pas la même vie si l'on naît "à l'aise" que si l'on naît dans la difficulté, pas la même si la nature nous a dotés d'un cerveau que si elle nous a doté d'instincts plus ou moins élaborés (Mais non mesdames, je ne parle pas des femmes d'abord et des hommes ensuite) pas la même non plus si elle nous a fait naître à la ville ou en campagne.

Je suppose que tous nous aurions raison si nos enfants et nos petits enfants devaient vivre une vie identique à la nôtre et dans le même milieu avec les mêmes moyens intellectuels et financiers.

Mais ils naissent "autres" car ils sont "eux" et leur vie ira s'installer "Dieu sait où" quand, le moment venu, ils déploieront leurs ailes. Nos conseils seraient le plus souvent sans objet et de mauvais usage.

Il reste néanmoins de grandes lignes, qui ne devraient pas être franchies si inconsidérément que certains s'offrent sur les lignes blanches de nos routes.

L'instruction est naturellement prioritaire dans un monde de concurrence intellectuelle sévère, mais avant elle il faut que l'enfant soit éduqué et ça hélas, c'est comme l'instruction civique, le "parent pauvre" de la formation de nos jeunes.

L'état a cru malin d'intituler "Ministère de l'Education" ce qui ne peut et ne doit être que celui de l'instruction publique, de l'enseignement. L'éducation est l'affaire de la famille, c'est une de ses "marques de fabrique," et généralement on reconnaît les enfants d'une même famille à la même propension à se bien ou mal conduire.

On peut mettre beaucoup de têtes de chapitres dans l'éducation. Il n'est pas question pour une entrée de blog de les développer toutes, juste une ou deux qui sont fondamentales et conditionnent les autres :

Les bonnes habitudes. Une vie régulière en horaires, des repas équilibrés et sains qui impliquent d'imposer à certains enfants d'ouvrir leur goût, car par nature ils sont tentés de toujours manger la même chose, qu'il s'agisse de steak frites ou de nuggets de chez MaChin.

Se coucher tôt et se lever tôt pour exloiter au mieux ses capacités d'apprentissage le moment venu. Or elles sont optimales le matin et non après déjeuner.

Apprendre à s'intéresser, à s'émerveiller, à être surpris. Car la vie ne vaut d'être vécue que quand on peut répéter ceci tout au long de son cours. Je plains les blasés.

Apprendre bien sûr à se respecter et de là à respecter les autres. La politesse en découle, qui est sans doute le plus agréable moyen d'avoir des rapports cordiaux avec "les autres" en général (famille, collègues, amis, rencontres au hasard de la vie et des sujets d'intérêts.)

L'honnêteté ne devrait pas avoir besoin de se définir car elle va de soi, du moins par nature elle le devrait, mais entre la malhonnêteté crapuleuse et la malhonnêteté intellectuelle, il y a trop d'exemples familiaux de mauvaise conduite pour qu'on s'y retrouve aussi simplement.

Il convient donc de définir l'honnêteté et de l'imposer, quand bien même cela remet en question certains de nos actes devant nos enfants, car nous avons tous peu ou prou le "cul merdeux" sur ce sujet, qu'il s'agisse de prendre un train sans billet ou d'un rendu de monnaie erronné que nous n'avons pas signalé (il est vrai que ça arrive aussi dans l'autre sens). Enfin je crois, parce que moi on m'a souvent dit que j'étais "con" quand je rendais la monnaie ou quand un gosse ayant saisi une chose passait une caisse sans être vu, je la signalais à la caissière pour qu'elle n'oublie pas de la facturer. En même temps, où est la frontière entre la peur de la honte  (de se faire prendre) et l'honnêteté véritable, je ne m'autoriserais pas à le définir.

Et puis il y a ce qui vient lors de l'adolescence et qui est primordial mais moins pressé d'aborder avec un enfant ; surtout que s'il est bien élevé, bien éduqué, il ne sera pas tenté comme d'autres.
Ce qui concerne le sexe bien sûr, mais aussi le tabac, l'alcool, la drogue.
Et naturellement, pour éviter qu'un enfant trop ingénu se laisse embarquer par fragilité, sous l'influence d'autres, des voyous mais pas toujours dans l'apparence, il faut que ces sujets soient parfaitement connus de lui et maîtrisés, même si on n'ira pas jusqu'à lui apprendre à se piquer, sniffer ou fumer. Qui a envie d'apprendre un jour que son enfant en est à faire "bouillir ses cotons" pour récupérer le peu de drogue qui ressort de l'injection et qu'on récupère sur le coton en essuyant la piqûre. Extrémité à laquelle en arrivent les drogués en manque, manque de drogue et manque d'argent surtout, parce que la drogue n'est pas compliquée à trouver, surtout pour les ados, surtout s'ils sont fragilisés par une éducation pudibonde  qui n'aborde pas ces sujets.

Voilà en gros ce qu'est l'éducation de base que nous devons à nos enfants quelles que soient les matières et les carrières qui vont les intéresser.

Il faut qu'ils sachent aussi aimer les autres tout en se défiant d'eux, et d'eux mêmes, puisque nous sommes nos plus grands ennemis, au final.

Tag(s) : #Nostalgie

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