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C'est comme la marque de votre téléphone portable ou votre abonnement à internet ! Reconnaître que vous avez acheté de la merde ou que vous êtes volé jour après jour par Orange, c'est admettre qu'on s'est fait avoir, qu'on se fait avoir, et donc qu'on n'est pas du tout futé !

Donc en matière de couple il en va de même. Ceux qui sont mariés pensent que le mariage c'est quand même plus socialement acceptable, ceux qui sont en union libre viennent nous débiter leur laïus sur la liberté et l'après 68 qui ferait rire aux larmes un enfant de huit ans, et ceux qui se pacsent semblent n'avoir comme unique but que d'économiser la réception et les cérémonies, qui n'ont plus lieu d'être, il est vrai, quand on est athée. Sans parler de ceux qui se pacsent pour des raisons économiques qu'ils soient homos ou frère et soeur et autres associations qui ne peuvent être concernées par le mariage.
Ce serait d'ailleurs intéressant de savoir si, étant marié d'un côté on peut se pacser d'un autre, avec une seconde personne évidemment. Une ouverture sur la polygamie-polyandrie ?

Il n'en demeure pas moins que la loi française est basée sur une famille traditionnelle et donne ses préférences aux couples mariés. Qu'il s'agisse de la reconnaissance des droits divers de la veuve sur les biens ou les pensions de réversions, mais aussi lors de la naissance d'un enfant réputé d'office être du mari, sauf à prouver le contraire évidemment, puisque désormais c'est possible. Les pauvres coucous ont du souci à se faire pour leur descendance non reconnue !

Mais je suppose qu'on peut se marier entre deux témoins aujourd'hui comme hier. En notre temps ça n'a pas été notre choix, et je crois normal que les jeunes femmes continuent de rêver de la robe blanche, des fleurs et de tous les invités. Mais ce n'est pas une obligation. Alors pourquoi continuer à vivre en : "couple à l'essai" sachant que le "lien du mariage" (quel style) est souvent comme le balancier du fildefériste, qui lui évite les chutes en compensant ses mouvements propres. Aucun couple ne traverse une vie sans coups de grisou. Si à la moindre engueulade on se sépare au prétexte que rien ne nous retient, alors comment expliquer à un enfant qu'il n'est "rien" au banquier qui vous a avancé le montant d'achat de votre maison qu'il n'est "rien" ! Je vous assure que l'un comme l'autre vont vite vous faire comprendre qu'ils ne sont pas rien et que si vous avez le cul un peu trop chaud pour être fidèle, il fallait y penser avant de faire des choses trop durables, voire définitives.

Inversement, j'ai souvent rencontré des gens qui, ayant décidé de profiter de leur jeunesse, se retrouvent vers la cinquantaine sans enfant. Les, hommes n'en disent trop rien et espèrent sans doute avoir fécondé quelques belles de bureau, mais les femmes qui ne peuvent cultiver cette illusion, quelle qu'ait été la dissolution de leur vie, sont bien obligées de se faire une raison. Or c'est bien la chose la plus difficile du monde que de se sentir vieillir sans descendance, de savoir qu'on sera aussi vite oublié que si on n'avait pas vécu, et sans laisser la moindre trace.

L'amusant, au fond, c'est que nous avons vu "les post-soixante-huitards" s'imaginer comme de sacrés cochons parce qu'ils baisaient à couilles rabattues. Mais les pauvres n'ont battu qu'un record, c'est celui du cocuage ! Quand on a couché avec cent femmes ou cent hommes sans s'arrêter d'aller chercher d'autres aventures, on est forcément cocu cent fois, mille sans doute, et, bien sûr, on n'y attache aucune importance, mais nous sommes à la fois inclus dans cette inconsistance, dans ce manque d'importance et donc d'intérêt. C'est, quelque part, reconnaître que nos plaisirs ne valaient rien et que nous n'avons rien construit. Et puis de toute façon les hommes de la bonne société des temps passés ont fait bien pire pendant que leurs femmes recevaient leurs amants ! "Rien de nouveau sous le soleil " mes pauvres enfants : "les fleuves vont à la mer et la mer ne se remplit pas ! " (Qôélet, Salomon : l'ecclésiaste)

Bien sûr il y a ceux qui se raccrochent aux branches en sentant arriver le terme de la jeunesse folle, et qui deviennent pères ou mères aux approches de la quarantaine, voire passé la quarantaine.
Souhaitons leur pas trop de débiles mentaux et de déceptions, parce que plus on avance en âge et plus faire un bébé devient délicat, mais aussi parce que plus on avance en âge, et moins on supporte les pleurs et les cris de ces (saloperies) de mioches, même si on les adore.

On sait tous en commençant sa vie d'adulte qu'elle sera logiquement endeuillée par la perte de ses propres parents, c'est l'ordre normal des choses.
En conséquence, la compagne ou le compagnon qu'on se donne pour la vie, est censé se substituer, avec nos propres enfants, à cette vacuité à venir. Vivre seul et sans "entourage" est insupportable, sauf peut-être à quelques misanthropes vivant en ermitage. Pour l'essentiel notre plaisir n'est complet, voire ne peut exister, qu'en donnant du plaisir aux autres, ceux qu'on aime. Mais encore faut-il être entouré et être aimé, sinon on peut tout faire et dépenser des fortunes, sans recevoir en retour le moindre plaisir des bonheurs proposés.

Qu'est-ce qui nous rend heureux ? Faire le bonheur des autres, sentir leur amour, parfois leur admiration quand ils sont conscients que ce qu'on fait l'est par amour. On peut parfois avoir du plaisir, surtout durant notre jeunesse, même relative, en pratiquant certains sports ou en se payant quelques gadgets de luxe, mais ça ne dure que le temps d'un soupir. L'envie des autres, leur jalousie éventuelle, n'est pas le plaisir de l'admiration des siens.

Un ami, passé entre le début et la fin de cette courte rédaction, m'expliquait que pour lui la notion de bonheur pouvait être représentée par cette famille qui avait loué toute une auberge pour se retrouver à l'occasion d'un anniversaire. La famille est une valeur sure pour le bonheur, mais pas n'importe quelle famille : une famille unie, une famille qui ne se retrouve pas pour régler des comptes ou guetter la mort du patriarche, mais pour avoir le plaisir de rire, danser et se raconter année après année ces mêmes évènements qui ont marqué les jours spéciaux.

Je comprends bien cette vision. Je comprends aussi que les noyaux familiaux se divisent comme des cellules en pleine parthénogénèse et que chacune de ces cellules va s'allier avec une autre, venue d'une autre scissiparité et à partir de là créer une autre unité familiale appelée à se développer. C'est le fonctionnement naturel de toute vie; mais en tant qu'humains nous reproduire est loin de nous suffire et nous ne perdons pas la mémoire des nôtres. Aussi, puisqu'à chaque union d'un jeune il faut compter une famille de plus dans le clan, nous sommes assez bien conformés pour trouver une part de bonheur dans la réunion de ces familles ou de parties d'entr'elles.
Mais, pour cela, encore faut il que les relations aient pu être entretenues entre parents et enfants et qu'elles ne soient jamais conflictuelles. Vers qui se tournera un enfant en grandissant ? Vers celui ou celle qui l'a élevé, protégé, éduqué ou vers celui ou celle, éloigné(e) qui était la corvée de certains week ends ou de certaines vacances ?
Si encore le lien s'est poursuivi ! Car dans bien des cas les séparations sont suivies d'une nouvelle vie, d'autres enfants, et le parent éloigné finit par ne plus demander ses droits de visite, au grand soulagement du parent resté proche, au moins sur le plan financier puisqu'il n'aura pas à payer le billet de retour !

Bien entendu les situations humaines ne sont pas extrêmement différentes en apparence, selon qu'on est en union libre, pacsé ou marié.
Mais dans la réalité concrète il y a bien moins de divorces que de "séparations" parce que le mariage ne se rompt pas sans raison, ou alors on était complètement saoul en se mariant. C'est, à tout le moins, un frein à une réaction irréfléchie face à une situation désagréable. Des situations que vivent nécessairement tous les couples sur la durée. Dans le même esprit je pense que le pacs est aussi un frein, évidemment plus relatif puisque des gens peuvent être pacsés à l'insu de tous, et donc l'aspect social de la trahison ou au moins du renoncement à un engagement pris n'est pas, là, traumatisant. Dans l'union libre les entraves des couples précédents semblent inexistantes, on ne s'est rien promis, on n'a rien juré devant Mariane ou devant le curé, et ça reste vrai tant qu'on sait chez qui se réfugier en laissant l'autre seul dans la merde pour payer son loyer. Mais ça devient plus grave si le loyer est un remboursement de prêt, et tout aussi dramatique et nécessitant des avocats s'il y a des enfants.

La seule vraie différence, je sais que je me répète : C'est qu'on a fait l'économie d'une cérémonie au cours de laquelle on aurait pris des engagements qu'on est incapable de tenir. Doit on en déduire que tous les couples en union libre se sentent incapables deux à deux de s'engager ? Et si oui, est-ce que ça reste vrai quand vient un enfant ? Et si l'argument, déjà entendu, c'est celui de Brassens : "ne mettons pas nos noms au bas d'un parchemin" qui pour un anar comme lui représentait un respect de la liberté de chacun, oui, mais, si cette liberté était réelle, est-ce que le monsieur serait prêt à laisser partir la dame passer la nuit avec un ami ou lui dirait-il : "Si c'est lui qui te baise, c'est lui qui n'a qu'à payer, prends tes frusques et ne reviens pas !" La version féminine étant presque la même, sauf que, naturellement, le cas de la dame qui paie chez les soixante-huitards attardés est plus rare.

Même si je souris volontiers à la blague du vieux qui fête ses cinquante ans de mariage en affirmant bien haut qu'il n'a jamais songé à divorcer, et plus bas : "mais souvent à la tuer." je pense que le mariage, au moins civil, est encore la meilleure chose qu'on puisse faire si on pense vraiment aimer au point de partager sa vie avec la personne.
Parce que justement il y a là la famille et les amis et que cet engagement devient sérieux et social !

On ne s'engage pas seulement devant un vague adjoint, mais devant une sorte de communauté assemblée, un clan. Deux même, et ça donne à l'engagement toute sa valeur, celle que n'aura jamais un pacs ou la présentation entre deux portes - aux parents désolés - du mec "qui me baise" ou de la nana "que je baise," ceci sans engagement aucun, et dans l'insécurité de la précarité la plus totale.

Partager une vie avec celui ou celle qui, outre les ébats naturels, sera votre meilleur(e) ami(e), votre complice le(la) plus quotidien(ne), exige quand même d'avoir fait - au moins - l'analyse sérieuse de ses sentiments. Il y a les envies pressantes et les amours, et il n'est pas question de confondre les deux. Et là je renvoie volontiers à Brassens : "Sale petit bonhomme il ne portait plus d'aile, plus de bandeau sur l'oeil et d'un huissier modèle, arborait les sombres habits. Quand il avait connu le krach la banqueroute,de nos affaires de coeur il s'était mis en route, pour récupérer son fourbi"


Il y a des âges pour être con :

Tag(s) : #Philosophie

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