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Être un athée forcené, presque militant d'une part, et éprouver de la nostalgie pour le temps où, enfant, j'étais encore sensible aux mots des croyants d'autre part, est d'une ambiguïté terrible. Mais comment être des hommes et vivre autrement qu'avec ce qui nous a construits?
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Quand quelqu'un me dit sans honte, voire avec fierté et conviction, qu'il est "croyant," je me dis que quand même, il y a des gens qui ont quelque chose dans le cerveau qui ne va pas fort.
 
D'un autre côté Noël approche, et quoique je sois tout sauf superstitieux, j'éprouve un sentiment enfantin, un regret de ces messes de minuit passées, du temps de la foi quand tout était simple entre bien et mal.

Il y a des sujets où j'ai aisément défini les raisons qui me poussaient à continuer de respecter des conventions. Mettre une majuscule en parlant de Dieu par exemple. Simple respect de la foi du charbonnier restée ancrée chez certains. Il y a aussi les expressions tellement "toutes faites" qu'on tend à les employer contre notre conviction, dans le genre "Dieu m'est témoin" C'est d'autant plus ridicule que pour un croyant véritable exprimer "Dieu sait que..." ou Dieu m'est témoin que ..." sont des blasphèmes. Ce Dieu hypothétique n'est pas là pour servir de prétexte à leurs inventions, mensonges ou vantardises et comme il est difficile de l'interroger c'est en plus un abus de langage. Mais au fond pour le vrai croyant c'est comme "provoquer" Dieu en le mettant en demeure de confirmer ses âneries. Et c'est là que c'est un blasphème car "Tu n'invoqueras pas le nom de Dieu en vain"

Mais revenons en à mes délires ! Je crois que, surtout en ces temps de fêtes familiales certes, mais d'abord religieuses; et depuis bien avant Jésus, puisque Noël est venu camoufler les fêtes druidiques du solstice d'hiver avec l'appui de la Saint Jean d'hiver, le besoin d'appartenance se fait fort.
Une grande partie des fêtes chrétiennes est basé sur les fêtes traditionnelles Celtes et autres, de façon à récupérer les fidèles qui, ici comme ailleurs, sont prêts à croire à n'importe quoi du moment que ça les rassure.

Être rassurés sur quoi ? Sur l'après mort, sur la "rémunération" comme disaient les juifs pour qui la mort conduisait au chéol/tombeau qui est l'absence de vie, sans plus, avant que les chrétiens puis les musulmans n'imaginent le paradis emprunté au Assyriens et son contrepoids, son corollaire obligé : l'enfer !

Pour la rémunération les juifs avaient, et ont encore je suppose, la croyance en une rémunération durant la vie. Salomon (l'écclésiaste) se met en colère à propos de cette croyance et se plaint de ce que "rien de nouveau sous le soleil" et que le voleur vieillira et mourra riche et entouré de nombreux enfants et de biens, tandis que l'homme de bien pourra vivre et mourir dans la misère sans rien avoir à attendre en récompense de sa vertu.
La vie nous montre que effectivement : "rien de nouveau sous le soleil" et les pourris sont toujours ou le plus souvent, le principal constituant du gratin.

Alors que je m'enfonce dans ma certitude d'avoir raison (si tant est que j'ai eu le plus léger doute) concernant la foi et les religions, pourquoi ce désir de retrouver ma "communauté" ? Pourquoi, les rares fois que je vais dans une église, en  général pour un enterrement, ancien enfant de coeur je prie avec les autres et fais tous les signes, me refusant même à un geste profane devant le corps que je bénis en toute bonne foi.

Je crois que cette dichotomie vient du plus profond de mes synapses les plus enfouis. L'intelligence qui raisonne c'est bien beau, mais la mémoire quasi atavique de l'enfant que j'ai été reprend parfois ses droits; comme l'animal que je suis devant le corps d'une femme.

Raisonner n'est-ce pas aussi une façon de se rassurer par la logique, sur un sujet où la logique n'a finalement que peu d'emprise ?

Quand je me laisse aller à des rêveries, malgré ma solitude du moment  (difficile de rêver avec une bonne femme dans le coin) je n'ai pas l'impression d'être seul. Je ne dis pas que je sens la main de Dieu ou des Saints sur mon épaule hein ! Mais c'est un sentiment que j'éprouve, il n'a pas non plus besoin d'être logique. Il remonte certainement au temps où les bons pères maristes m'expliquaient avec des airs effrayants que "l'oeil n'est pas seulement dans la tombe à n'observer que Caïn" (excuse moi Victor) mais qu'il est sur moi, partout et quoi que je fasse.

Big brother en religion quoi, sauf qu'il s'intéresse plus aux vilains petits péchés de chair, mensonges et vols, qu'à mes opinions politiques. Plus tard sont venus les macchabées. Enfin au sens moderne hein ! Ceux de la Bible je n'en ai eu connaissance que bien plus tard. Quand vous perdez dans un accident à vingt ans un cousin de dix neuf qui longtemps a été quasiment un frère, il est difficile de ne pas penser que "de la haut" (formule consacrée, zut, encore) il n'est pas à même de savoir comment je vis.
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Daniel peu avant d'exploser sa 2 pattes

Suivent hélas bien d'autres gens avec les années, même si je n'ai pas touché mot de ma grand mère unique (les autres grands parents étant disparus depuis longtemps) qui vivant chez mon oncle ne m'a, je crois, jamais vraiment adressé la parole, ni moi à elle. D'abord je ne comprenais rien à ce qu'elle disait avec son énorme accent du Lot, (et puis j'étais le fils de la boche; et ça c'était impardonnable,) qui était morte quatre ans plus tôt (Au temps que les corbillards étaient encore tirés par des chevaux harnachés d'or et d'argent, la classe quoi (voir Georges Brassens))09-12-12-00-49-45.jpg
Moi, ma mère, ma soeur,avec son bébé, mon frère derrière, une fiancée de mon frère à titre précaire, mon père et "Man y" ma grand mère (pour maman Irma)

La foi c'est comme une maladie psychologique, on peut guérir, mais ça laisse des traces, des fragilités. Et sans prétendre que mon regret de ne pas me sentir à l'aise dans la communauté des chrétiens qui fut la mienne remet en question ma conviction, ça me pourrit quand même bien la vie aux moments de l'année où appartenir à une communauté est un grand soutien.

Et puis, si je me trompe, j'ai bon espoir que mon cousin par alliance, sacré Diacre il y a quelques années; et son fils, qui je crois l'a suivi sur ce terrain, bien qu'ils m'ignorent 365 jours par an, auront la pensée et la prière qui sauve pour le repos de ma supposée âme, quand ils apprendront ma disparition. S'ils n'y passent pas les premiers naturellement, parce qu'en sens inverse, comme on dit à présent : ça va pas le faire !
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Déjà mon oncle avait fait le grand séminaire après tout ! Deuxième rang, deuxième en partant de la gauche le bon Rémus

Tag(s) : #Humanisme

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