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S'il faut un mot, un seul qui exprime la communication, c'est celui là : "dire" !

Pourquoi a-t-on besoin de "dire"  ?

Parce que le silence, l'enfermement dans la non-communication, sont des formes d'autisme; non médical, mais quand même d'ordre psychologique, signe d'un grand malaise en société.

Nous avons la chance, aujourd'hui que la grande majorité sait lire et écrire, de disposer de différents moyens pour "dire" ! Y compris à des inconnus.  Dire quoi ?
- Dire notre point de vue !
- Dire notre souffrance !
- Dire nos espoirs !
- Dire notre analyse de la situation et de la pensée ambiante.

En fait il y a tant de choses à dire sur tant de sujets, que le plus étonnant reste encore qu'on trouve autant de gens qui estiment n'avoir rien à dire.

La vérité c'est qu'ils en diraient des tonnes si seulement ils osaient... mais ils n'osent pas ; ils se sentent un peu bêtes, ne sont pas assez sûrs d'eux, se souviennent sans doute d'anciennes humiliations sur leurs "dires" ; car il ne manque pas d'abrutis qui n'ont rien, sinon à dire, du moins à apporter à la société, qui ne se privent pas de "dire" pour faire du mal, humilier, rabaisser : seul moyen pour leurs esprits étroits de se sentir grandis.

Je me souviens sans peine, et avec moi une bonne partie de mes lecteurs, de quelques spécialistes de cette sorte qui traînent sur les fora divers et variés après avoir justifié la disparition des fora publics des FAI. C'est une catégorie de gens dont l'inutilité patente à leurs propres yeux explique le besoin de faire du mal : " Je suis une merde (parfois cultivée, ça n'a rien à voir) donc je vais me venger de cet état sur les autres qui sont aussi des merdes mais qui seraient tentés de ne pas s'en apercevoir."
Un genre d 'individus malades qu'il ne faut pas se priver d'isoler, de rejeter : pas de charité prétendument chrétienne pour ces malfaisants : ils sont du même genre que le serpent qui vous mord après que vous l'ayez réchauffé : faire du mal pour la jouissance de faire du mal
"parce que c'est dans leur nature" comme on dit.

Tout ça pour "dire" que le besoin de "dire" atteint même ceux qui devraient s'abstenir, puisqu'ils n'aboutissent qu'à se faire détester, tandis que d'autres, qui ont regardé leur vie à travers les bonnes lunettes, ou peut-être sans, auraient tant à enseigner s'ils osaient parler.

Dire la beauté des souvenirs de famille, des paysages, des gens. Dire comment on a vécu telle ou telle période de vie qui est commune à la grande majorité de l'humanité comme l'éducation des petits ou le "dressage" des adolescents (ou faut-il inverser ?) Mais aussi les relations professionnelles entre employés, avec les cadres et la direction; il n'y aurait sans doute pas tant de suicides si ces gens avaient pu parler, "dire," enfin.

Mais on se laisse souvent enfermer dans un personnage.
Pour la majorité des gens le cadre est un personnage chanceux, respecté et fier de son travail. Pour le cadre aussi, au départ c'était vrai. Mais pour des raisons diverses d'âge ou de situation d'entreprise le cadre honoré devient le cadre humilié. Bien souvent il aurait pu sentir le vent tourner entre l'époque où seul la qualité de l'ingénieur prévalait pour ce qu'il était capable de "pondre" avant que nos énarques et autres abrutis "hors cadres" estiment qu'on se fout de l'inventeur et qu'on loue le "vendeur".

Il semblerait que ce n'est rien que de mettre au point un A380 ou un téléphone portable, mais que ce qui compte et qu'on rémunère c'est la capacité à le vendre.
Pourtant, et là c'est l'ancien ingénieur qui se rebiffe, ils vendraient quoi les bons à rien formés sur le tas et les crétins d'HEC, si les ingénieurs ne leur fabriquaient pas avec mille ouvriers, les beaux produits dont ils vont assurer la promotion ? Que dalle, rien, nibbe ! Déjà qu'ils savent à peine faire fonctionner les plus simples des instruments, concevoir et réaliser les dépasse de cent mille coudées.

Mais c'est la loi de l'entreprise : celui qui fait rentrer l'argent qui paie ouvriers et ingénieurs (dirigeants et actionnaires) c'est le vendeur.
Donc il est préférable de ne pas se donner la peine d'étudier, ça évite de regretter de s'être spécialisé et de devoir se recycler régulièrement pour rester au top; et se lancer dans ces métiers de merde que sont les professions de vendeurs où l'important c'est la tchatche et surtout, surtout, l'absence totale de scrupule. C'est vrai que ça nécessite un petit talent; mais ça n'évolue pas car les gens restent ce qu'ils sont de génération en génération et la façon de les pigeonner, tromper, enfumer, reste la même.

 Au fond ce n'est pas sans rapport avec la psychologie : on cerne le client, on le flatte, on pose des questions qui l'incitent à toujours répondre oui, jusqu'à lui faire dire qu'il veut le bien qu'on veut lui vendre. Les techniques de ventes s'appuient sur la psychologie, mais avec une telle malhonnêteté que c'en est une honte.
Et surtout, je le répète, le bon vendeur doit être nul en technique, car s'il est trop conscient des énormités qu'il débite, il risque de ne pas oser aller au bout de son discours stéréotypé.
Ce qui ne l'empêche pas d'interprêter - à sa façon - des pseudos-données techniques basées sur des analogies sans valeur, pour aider la conviction de ses "patients" (Ben oui, faut être malade pour se mettre entre ses mains)

Dires, discours, les mots sont affectés d'infections diverses : la méconnaissance du sujet, l'erreur manifeste, la malhonnêteté intellectuelle, la prétention, le mensonge pur et simple et l'imbécilité s'y disputent le premier rôle. Trouver , entendre, lire un discours sensés, honnête, compétent et de bon aloi devient rare, et parfois même on ne le reconnaît pas, parce qu'on a tellement l'habitude d'entendre des sornettes que l'oreille inattentive qu'on prête ne distingue qu'après coup la qualité du "dire".
Il faut dire aussi que notre propre incompétence limite notre capacité à juger et séparer le bon grain de l'ivraie. Sur un sujet que nous maîtrisons parfaitement, aucun discours ne peut véritablement nous intéresser puisque nous saurions nous même l'écrire ou le dire.
Sur un sujet, par contre, dont nous souhaiterions apprendre les arcanes mais que nous ignorons, comment distinguer le faussaire ? Combien de braves gens s'entendent un beau jour dire : "Mais qui est-ce qui vous a raconté ça ?" après avoir cru et répété des idioties à l'entour, et s'obstiner pour ne pas se déconsidérer à leurs propres yeux !.

Sans aller chercher des exemples dans un domaine que je maîtrise il suffit de voir comment réagissent parfois les médecins exaspérés par ces patients qui veulent s'auto-diagnostiquer,  s'auto-médiquer, et qui ne vont chez le praticien que pour se faire faire une ordonnance en débitant leur crédo ridicule, lui même basé sur les dires mal compris et donc encore plus mal répétés, d'amis, voisins, parents qui ont été malades de ceci ou cela et qu'on a traité de telle ou telle façon.
Pauvres médecins : ils ne souffrent pas plus que les ingénieurs de leur incapacité à communiquer vraiment, en clair, avec la grande majorité des gens ; mais c'est plus grave puisqu'il s'agit de santé.

Il faut "dire," et les blogs sont un des moyens qu'on a désormais pour "dire" à ceux qu'on aime dans des familles qui s'éparpillent. Pour tenir aussi des discours qui n'auraient pas dépassé la première phrase dans une réunion ou chacun voudrait briller, contredire, affirmer sa propre certitude sans même comprendre de quoi on voulait parler la plupart du temps, car certains "taiseux" sautent en réalité sur la première occasion pour balancer ce qu'ils ont sur le coeur, alors même qu'on souhaitait aborder un sujet très différent. Mais ceux là au moins ont une excuse et ça leur est profitable. Ceci dit le discours reste à faire, et l'écriture à l'avantage de se faire dans la solitude et le silence, mais pas dans l'isolement ! En sorte qu'on pourra quand même peut-être communiquer, y compris avec les siens, malgré l'habitude des interventions hors sujet qui font généralement dériver les discours les mieux préparés sur les sujets les mieux maîtrisés vers les très ordinaires et banales discussions autour des mille défauts des voisins, parents, collègues, chefs et amis absents. La médisance est un excellent sujet de conversation, mais naturellement il n'enseigne rien, à personne, et fait place à un terrible non-dit qui occupe tout ce temps passé à ne dire que des choses vides de sens, mais qui donnent une idée de ce qu'on dit sur soi quand on est absent. Résultat : le discours reste à faire, l'enseignement de l'expérience reste lettre morte et on finit par renoncer blessé, blasé, lassé de tenter d'instruire des abrutis : "margaritas ante porcos" est une expression latine que bien des "pater familias" ressassent en constatant que débiter du savoir devant des ignorants qui veulent le rester est comme mettre des perles devant des pourceau : "de la confiture aux cochons "en français !

J'espère que mes efforts pour communiquer ne restent pas lettre morte, sans trop me faire d'illusions quand même : en somme si un seul, je dis bien un seul lecteur en a tiré bénéfice, je n'écris pas pour rien et qu'importe si j'ignore qui il est !
Tag(s) : #Nouveaux articles

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