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Pour comprendre la haine que j'aie pour l'alcool, et pour ceux qui poussent à l'alcoolisme, il faut avoir connu les situations que j'ai connues et des gens comme ceux que j'aie vus mourir.

 

L'alcoolique, comme tous les drogués, finit par se cacher pour boire. Il a honte.

Il sait qu'il est dépendant, mais refuse de faire l'effort prolongé nécessaire à avoir une chance de s'en sortir. Car il est infiniment plus facile de sortir de la dépendance tabagique que de l'alcoolisme. C'est d'ailleurs cette similarité des situations d'assuétude qui m'a poussé après cinquante ans de tabac à faire l'effort de me débarrasser de cette dépendance. C'est aussi cette raison qui devrait décourager les jeunes de se lancer dans l'alcool. Pourtant les gamins commencent à boire très tôt et se servent de l'alcool pour des jeux parmi les plus imbéciles qu'on puisse imaginer. C'est un peu pour eux que j'écris ces quelques lignes : enfin, pour ceux qui savent lire et en ont envie évidemment.

 

Sur le forum psychologie d'AOL que je fréquentais avec beaucoup d'amis dans le temps jadis, une femme un jour, a raconté la chose suivante :

Elle était rentrée un soir retrouver sa solitude d'après boulot, et s'était souvenue qu'il restait un fond de bouteille de vin blanc d'un repas avec amis ou famille quelques jours auparavant.

 

Le vin une fois débouché se conserve mal. Comme elle avait le moral dans les chaussettes elle a rempli son verre de ce vin, espérant que la légère ivresse que le moindre alcool lui causait lui permettrait de se coucher sans que le petit vélo tourne trop dans sa tête.

Et c'est bien ce qui s'est passé.

Le lendemain elle a donc décidé de finir la bouteille et de nouveau s'est endormie sans trop penser aux soucis de la journée, au manque de mec près d'elle, à la vanité de sa vie actuelle, ou peut être devrais-je dire "vacuité !"

Alors quand elle est rentrée le lendemain soir et que la bouteille était vide elle a éprouvé le besoin pressant de ressortir acheter une bouteille de vin blanc. Comme un fumeur sans tabac si vous avez connu !

Elle a bu son unique verre et le lendemain elle s'est rendue compte que trois verres de vin plus quelques soucis avaient suffi à la rendre dépendante. Alors qu'elle n'avait encore rien à voir avec les alcooliques profonds elle a décidé de réagir, est allée trouver son médecin et s'est fait conseiller.

Je pense qu'elle s'en est sortie. Mais AOL a supprimé ses forums et je l'ai perdue de vue (façon de parler naturellement)

 

D'une façon plus personnelle, je pourrais vous parler de mon beau père mort à 62 ans et tellement discret que quand son ancien directeur chez EDF Setral est venu à la mise en bière (les obsèques avaient lieu en province), un homme que je connaissais personnellement comme client, qu'il s'est informé extrêmement surpris de la cause de la mort et que je lui ai dit qu'il était mort d'alcoolisme, il aurait pu m'injurier tellement ça lui paraissait incroyable, indécent.

 Jamais personne au bureau ou avant ,quand il traversait la france avec ses convois exceptionnels, n'aurait pu imaginer qu'il buvait. Pourtant tous les soirs en rentrant il partait "faire son tiercé" et ce tiercé faisait tous les bistrots et cafés tabac du pont d'Asnières à la gare de la ville. Il rentrait sans tituber, se servait encore un ou deux demi-verres (toujours des demi-verres) puis mettait ses bras sur la table et s'endormait avant d'aller au lit. Il ne mangeait pas grand chose et préférait son petit coup de rouge le matin à un café. Je préfère ne pas raconter ses deux dernières années car ça a été assez horrible pour lui, mais aussi pour nous.

Quand je pense que quinze ans plus tôt, quand j'ai épousé sa fille, il avait tant de projets pour la campagne, la retraite.

Et ça n'est pas arrivé par hasard : Dans son travail il a un jour voulu prendre seul une cale d'une centaine de kilos et s'est bousillé la colonne vertébrale. D'où sa mutation, une fois rétabli, dans un bureau, à préparer les itinéraires. Une vie insupportable pour lui, même s'il le cachait.

Mais il y a pire. Les garçons prennent leur exemple sur leur père.

Son fils, mon beau frère donc, s'est inspiré de ce qu'il voyait de son père pour se "viriliser" ! Comme il ne le suivait pas au travail, il n'a jamais pu apprécier son sérieux au boulot, sa compétence, sa gentillesse ni naturellement s'en inspirer.

Par contre il l'a vu boire.

Le fils est donc mort à cinquante quatre ans (piètre élève qui ne fait mieux que son maître) alcoolique jusqu'à la moële et déjà pourri de l'intérieur. Les gens qui ont retrouvé son corps le lendemain ont dit qu'il y avait déjà des vers sur son cadavre. Comme c'étaient des copains à lui qui ne valent pas mieux, on peut espérer que ça leur aura au moins servi de leçon. Mais j'en doute !

 

L'alcool est certes un antidépresseur moins effrayant que les pilules bleues, vertes ou roses que les Français avalent en grande quantité. Mais à ce compte là le chocolat est encore plus sain, même si ça peut aussi poser des problèmes de santé. Dans un monde où désormais toute personne accédant à un certain âge redoute Alzheimer, mourir d'une maladie du chocolat me paraît préférable à mourir alcoolique avec un cerveau ramolli ! Mais comme dirait ma copine Chantal : "ce n'est que mon avis." (tous droits réservés) lol !

Tag(s) : #Société et écologie

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