Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 19:49

Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument 

Lord Ashton

 

Quelques mots d'une amie qui me donnent un aperçu différent de notre société même si, bien entendu, j'espère que c'est en partie exagéré dans notre système à tendance démocratique.

J'ajoute que plus le pouvoir est loin du peuple moins il prend en considération les aspirations légitimes* de celui-ci. Mais ça c'est de moi.

 

Dans la société médiévale le roi était fort loin, et souvent impuissant. La distance et les moyens d'intervenir, de se faire obéir,manquaient. En fait chaque seigneur était maître chez lui et faisait la loi à sa guise. Pour avoir la paix, la majorité faisait quand même allégeance au roi, mais ça n'allait pas très loin financièrement.

Comme nous avons les moyens de nous déplacer et de communiquer vite, la centralisation est devenue aisée et le petit roi de l'Elysée (ou du Kremlin)     s'est mis à tout diriger de son palais. Même le premier ministre ne fait plus que de la figuration, et tous les politiques sont intoxiqués : par l'argent d'abord et les discours des "rois du monde" (qu'ils croyaient,) allant dans le sens d'un enrichissement personnel, parce qu'après tout on n'a qu'une vie.

 

La présidence de la république emportant aussi le commandement des armées et de la police, on comprend que la régionalisation, décentralisation et déconcentration des pouvoirs  se soit limitées en réalité à priver les régions et localités de revenus sans rien leur donner en échange. Affaiblir les régions et concentrer les pouvoirs, et en particulier le pouvoir policier et l'armée, pour empêcher les régions et leurs dirigeants élus d'avoir la moindre tentative de rébellion ou d'indépendance face aux abus du pouvoir central, a toujours été la préoccupation première des dirigeants de nos pays européens, au contraire des états unis qui ont des lois d'états et des lois fédérales.

 

Aussi j'appelle de mes voeux, un fédéralisme européen prenant en compte les défauts de l'américain pour ne pas les reproduire, et avant même celui-ci, un fédéralisme français dans lequel chaque région aurait des ressources et une indépendance "cadrée."

Disposant à tout le moins de sa propre police, à égalité de pouvoirs avec la police actuelle, mais sans sujétion au pouvoir central (ce qui n'empêche pas la collaboration dans un organisme centralisateur pour la recherche des malfaiteurs et l'élucidation des crimes et délits, évidemment.) Étant supposé que l'armée ait pour seule vocation la défense du pays, et n'intervienne jamais à l'intérieur du pays autrement que contre d'éventuelles forces étrangères infiltrées, ce qui exclut un travail de police ou de maintien de l'ordre contre des nationaux.

Il est important que chaque région dans son intégrité (et non par découpage électoral) ait aussi ses propres ressources, indépendantes des décisions d'un pouvoir central, dont le poids se réduit ainsi à la politique générale de l'Europe et aux relations internationales.

Comme pour les routes, les chemins de fer et les aéroports, il est important qu'on ait quand même cette notion d'état, et non un agglomérat de "principautés" comme on en voit encore. Mais dans la même perspective, on ne peut accepter que ces réalisations et leur fonctionnement soit confiés au privé, sinon l'état n'aura bientôt plus de sens, comme on le voit avec l'énormité des intérêts de la dette.

Le privilège d'exproprier pour réaliser une route, un chemin de fer, une ligne très haute tension ou un aéroport ne peut en aucun cas appartenir à une entreprise privée bénéficiant d'une "protection" d'état. Il en va de même pour le nucléaire naturellement, parce que quoi qu'on prétende on n'en n'est pas à pouvoir s'en passer !

 

Outre une meilleure gestion au plus près des citoyens, cette déconcentration, décentralisation, régionalisation voulue jadis pas De Gaulle a la vertu de dégonfler le pouvoir local comme le pouvoir central. Ce n'est pas tous les jours qu'on a en politique un homme que le pouvoir ne grise pas au delà des limites tolérables.

 

* Quand on parle d'aspirations légitimes, il faut comprendre : les désirs réalisables et justifiés. Réalisables parce qu'il faut en avoir les moyens financiers et / ou que les technologies existent, justifiés parce que parfois les gens voudraient ce qui peut leur être nuisible comme le laxisme par rapport aux drogues, à la conduite ou à des carrières décousues pour les entrecouper de voyages. Rêver est une chose, réaliser les rêves en est une autre.

Un exemple ? Demandez aux jeunes gens s'ils ne préféreraient pas toucher nettement plus et ne pas cotiser à ce qui va leur sauver la vie en cas de maladie sévère, ou leur permettre de vivre à l'âge de la retraite !

Beaucoup vous parierons de trouver des boîtes privées moins chères; mais non seulement ils ne s'assureront vraisemblablement pas, remettant toujours à plus tard, mais si ils le font ça n'empêchera probablement pas ces assurances trop "cheap" d'avoir déposé le bilan avant qu'ils bénéficient de leurs cotisations. C'est que les actionnaires veulent des revenus chaque année, surtout si ce sont précisément ceux qui, eux, ont cotisé au prix fort !

 


Par François - Publié dans : Politique - Communauté : Râler aide à devenir ZEN
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Laissez moi vous dire

Je suis donc né en pleine guerre, j'ai mémoire des privations de l'après guerre qui ont quand même duré jusqu'en 1950, j'ai connu la période du plein emploi, même si personnellement j'ai choisi -après trois expériences en entreprises - et une expérience syndicale, de devenir artisan, puis de nouveau salarié pendant vingt ans, puis (mais cette fois licencié à 50 ans pour raison d'économie) de reprendre ma carte d'artisan pour les 15 années qui m'ont menées à aujourd'hui et donc à la retraite au vrai vieil âge prévu en juin 36.
Après les trentes glorieuses on peut dire que j'ai connu les trente miséreuses, moins écoeuré par les patrons et autres capitalistes qui jouent leur rôle dans leur cour, que par les "petits cadres" et autres jeunes blancs becs au griffes recourbées et aux canines aiguisées qui rayent les planchers et qui croient vraiment pouvoir gravir l'échelle en faisant tomber ceux qui sont au-dessus, qui d'ailleurs y parviennent parfois, mais qui finissent par devenir des cibles et se font dégommer bien avant le sommet. Et tous ces trous du culs nés de rien s'imaginent que, parce qu'ils gagnent ponctuellement dix fois le smic, ils peuvent aller jouer dans la cour des grands et chier sur le nez de leurs congénères. C'est dégueulasse et c'est très con, car les intérêts d'un employé - quel qu'il soit - ne se confondront jamais avec ceux d'un capitaliste membre du conseil d'administration et actionnaire important de la boîte, c'est à dire déjà riche au delà des espoirs de nos petites fiotes. Par pitié, ami lecteur, sache à quel monde tu appartiens, d'où tu viens, qui tu dois défendre. Car le jour où de nouveau on va couper quelques têtes pour redresser la barre, on ne se contentera pas de tondre des putains et de donner des places de préfet aux collaborateurs. Une fois a suffit !

 
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