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Je suis un lecteur tous azimuths, et si on jette un coup d'oeil à mes bibliothèques on trouve du San Antonio, beaucoup de science fiction, mais aussi tous les auteurs classiques et naturellement les grands bouquins à succès de ces dernières années, en plus de la Bible du Coran et de joyeusetés éditées par les Témoins de Jéowah. Et puis naturellement des poêtes et des ouvrages sur l'art pictural et la photographie. Si l'époque s'y était prêtée j'aurais été sans doute (prétentieusement) ce qu'au début du vingtième siècle on appelait un "honnête homme" sachant monter, piloter un aéronef (seulement sur simulateur) et connaissant assez de tous les domaines pour n'être étranger à aucun.

 

Mais dans ma bibliothèque il y a fort peu d'ouvrages rédigés par des femmes, dans la mesure ou la majorité d'entre elles a écrit pour des femmes jusqu'à présent.

 

Voici donc "Elwig de l'Auberge Froide," de Claudine Candat, qui sans être un "pavé" pèse quand même presque trois cent pages. Et qui s'adresse aux deux sexes même si l'amour  s'y trouve présent sous ses différents aspects.

Claudine est germaniste et cycliste. Vous me direz que le second terme parait assez peu en équilibre avec le premier, c'est d'ailleurs vrai, mais s'agissant d'une femme qui a traversé l'Allemagne de Mulhouse jusqu'à l'Ukraine à bicyclette, ça compte quand même.

Et ça compte aussi dans le bouquin où les héros en font usage, et qui donne souvent l'intensité dramatique ou la charnière temporelle. Cheval, vélo : on tombe de l'un on se relève sur l'autre.

Le livre est construit en grande partie sur un sujet qui est le domaine psy. Claudine n'est pas vraiment Freudienne ou Lacanienne mais semble plus intéressée par Karl Gustav Jung qui dans ses pensées touffues exploite la synchronicité. 

 

Pour un ingénieur en électronique comme moi, ou pour un mécanicien, la synchronisation est la simultanéité d'actions conjointes ou complémentaires. Synchroniser un récepteur de télévision, par exemple, c'est faire en sorte que quand l'émetteur émet le premier point d'image en haut à gauche (pour vous) de l'écran, votre récepteur écrit ce qu'il reçoit en haut à gauche de l'écran et non n'importe où ailleurs. Dans votre boîte de vitesse vous avez aussi des "synchros" pour que les engrenages s'emboîtent  correctement, sinon ça "grince" ! Eh bien dans le mode de pensée de Karl Gustav il ne s'agit pas de synchronisation et il faut comprendre la synchronicité avec un esprit ouvert sur les mystères de cette nature à laquelle nous avons attribué des constantes sans comprendre le pourquoi de ces valeurs constatées, et qui, reconnaissons le, pourraient être différentes dans un monde qui serait non-aristotélicien (A.E. Van Vogt a beaucoup écrit là dessus dans : "le monde du non-A" ou "les joueurs du non-A" . En théorie ça s'écrit avec un A surmonté d'un trait, mais je n'ai pas cette typographie à disposition ici)

 

Pourquoi ces précautions de présentation ? Parce que Claudine Candat demande à ses lecteurs le minimum d'effort intellectuel qui permet de s'imprégner de notions qu'on ne trouve ni dans Marie France ni dans le Figaro. 

 

Son roman va nous faire voyager, que dis-je voyager, sauter d'époque en époque, passer d'un personnage à son double ou son triple d'une époque passée récente ou plus ancienne jusqu'au présent continu. 

 

Mais voyager dans le temps n'est pas suffisant : nous parcourons aussi l'Allemagne et la France, les conflits Napoléoniens et la guerre des nazis. Ce sont des circonstances qui mettent en évidence les brassages de population, les remplacements de population comme en ont exécuté les soviétiques en chassant les allemands de l'est, pour les remplacer par des Russes après leur politique de la terre brûlée.

 

Alors dans ces mouvements désordonnés de population il y a des familles détruites, éclatées, séparées et, au fond, tout part de la notion de gémellité avec les liens qui semblent si indissolubles que les séparations, même vécues sans que la mémoire puisse avoir un rôle, ont des conséquences psychologiques majeures.

L'oeuvre servie par un auteur (excuse moi Claudine je n'aime pas la féminisation du mot) qui maîtrise plusieurs domaines majeurs, entrouvre des portes qu'on croyait clouées depuis l'inquisition !

Je ne peux évidemment en dire plus et conserver à l'oeuvre son mystère, mais ce roman s'adresse aux esprits ouverts sur d'autres mystères que ceux de la science pure.

 

Ceux qui ont compris l'expression : "Le battement d'aile d'un papillon ici, peut provoquer un cyclone sur un autre continent," comprendront sans doute mieux que les autres. Mais si le papillon a battu des ailes quand la grande Armée se mettait en route, alors gare aux jeunes filles du XXI° siècle !

Elwig de l'auberge froide!
Tag(s) : #Mes lectures

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